| Une nouvelle saignante |
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| Farscape - série d'exception |
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| Le King de l'horreur |
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• Le langage d'antan et le langage poétique
Dans la même idée que pour la recherche du vrai, du naturel (ou plutôt l'image du vrai et du naturel), il se réfère à la vieille époque, là où c'était bien, où les gens se parlaient, et tous les clichés positifs qui vont avec. Et donc il utilise souvent le langage vieux et attendrissant (qui a un effet nostalgique) qui va avec, comme : "La p'tite monnaie", "Monsieur René"…
Mais aussi il se sert du langage populo, car Bénabar –qui est contre les grands méchants- est avec les petits, avec le peuple. Donc il dit "rouflaquettes" (dans "Maritie et Gilbert Carpentier"), il dit "tes rêves de midinettes [c'est les mots de ma grand mère !] et ton cœur d'artichaud" (dans "Porcelaine"). |
• Les chansons pour mal-comprenants
Habituellement, les artistes intéressants peuvent faire un parallèle entre quelque chose qu'ils dénoncent et un symbole (ex : pour prendre une chanson plutôt anciennement populaire, "Les Loups" de Reggiani sont les nazis). Chez Bénabar, l'idée commence bien, "Saturne", qui peut être quelque chose qui nous apparaît comme très étrange, venant d'une autre planète. La comparaison ici est bien évidemment faite avec Paris. Pour bien que le public comprenne, plutôt que de jouer sur les subtilités (comme tous les bons chanteurs), Bénabar multiplie les clichés sur Paris : "la ville lumière" (ce qui est explicitement Paris), la "fusée (…) rouillé[e]" qui peut même pas "décoller" (qui est le refrain, pour qu'on comprenne mieux que c'est de la Tour Eiffel et donc de Paris qu'on parle !), ils respirent "l'hydrocarbure". Car, habituellement, dans la chanson qui compare, on utilise des thèmes qui sont communs aux deux objets comparés. Or ici, on parle d'hydrocarbure, de provinciaux, de clodos, de bancs de métro… (que des choses qu'on trouve sur Saturne), bref l'image avec Saturne marche trois secondes, car la subtilité ça devait être trop dur à continuer. Ce n'est pas très grave (ça arrive à tout le monde, y compris aux meilleurs chanteurs), mais finalement, il n'y avait pas de honte à ce qu'il appelle directement sa chanson "Paris". |
• La parodie pour mal-comprenants
On peut se poser des questions, soit sur Bénabar lui-même, soit sur son public. Quand il réalise une parodie de slow, il ne peut pas s'empêcher de dire au public qu'il s'agit d'une parodie. Attention, pour ceux qui seraient un peu lents, ceci est une parodie, je répète, ceci est une parodie ! |
Bena ... bar berousse ouais !
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Malheureusement, ça n'arrive pas qu'une ou deux fois, mais c'est toute la chanson qui est composée comme ça ! Bref il nous dit comment ça se réalise musicalement, avec les levés de batterie, le solo de saxo. Et d'en rajouter "carrément indispensable dans ce genre de chanson", au cas où on n'ait pas encore compris. |
Il y a juste un autre trait sympa, encore une fois révélateur de la volonté de donner une image. Il chante : "Un slow ça fait con, c’est mal vu de nos jours (de nos jours)" (Le slow), donc il fait comme si il parlait des autres, qui prennent de haut ce genre, en oubliant (comme son public l'oublie aussi), qu'il en fait une parodie, donc qu'il le tourne quand même un peu (enfin essaie) en ridicule. Car un slow ça fait con ! Y'a pas de honte à le dire si on le pense.
Une autre chanson se situe vers la parodie. Sauf que Bénabar n'est pas cliché (on y croit !), il sait ce que c'est les mauvaises chansons d'amour, c'est pas seulement celles qu'il n'écrit pas, c'est celles qui font rimer "amour" et "toujours". Bref il reprend tous les clichés sur les mots d'amour, et finit par dire que "les mots d'amour c'est pas ça, c'est bien plus compliqué crois-moi". Car souvent, très souvent Bénabar ajoute "crois-moi", car lui, il sait. Ensuite, pour une fois par la pratique (et non pas l'effet d'image), il montre qu'on peut être poétique sans dire des mots lourds, exactement ce que pensent tous ceux qui n'ont jamais d'autre poésie que Lamartine et associés. |
• La poésie expliquée aux mal-comprenants
Dès qu'il fait un effet plus ou moins poétique, il feint de s'auto-critiquer et d'annuler l'effet poétique, ex : "T'aimerais la connaître bibliquement / Bibliquement en poésie / ça veut dire "cabosser" tout simplement" (Le coup du lapin). Mais en réalité, ça tourne encore à la leçon de poésie : Bénabar s'y connaît en poésie, et il nous explique, nous qui ne sommes pas, comme lui, des poètes. Car lui, il parle populo, il dit "cabosser", mais pour faire comme les poètes (pour rigoler, ah ah !), il dit "bibliquement". |
Bena ... bar devant je te rattrappe ouais !
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• L'humour expliqué aux mal-comprenants
Quand Bénabar fait de l'humour, par fierté ou par souci d'être compris, il revient dessus et en rajoute lourdement (alors que souvent les blagues courtes sont les meilleurs). Ainsi, on entend : "Habillé pour l'hiver / T'as pris une belle veste / C'est plutôt une canadienne / Avec une doublure en gore-tex !" (Le coup du lapin). Au cas où le public n'ait pas compris le jeu de mot sur "veste" qui était pourtant pas mal suggéré par le "habillé pour l'hiver", Bénabar rajoute le très lourd "C'est plutôt une canadienne / Avec une doublure en gore-tex !".
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Encore au cas où le public n'ait pas compris que la "canadienne" est chaude, il rajoute la précision "gore-tex". Il aurait pu continuer sur sa lancée, il aurait pu en faire (ou il en fera) une chanson entière ! Lâche pas le filon, y'a une chanson à faire avec ça ! Nous, on lance simplement les paris, alors : est-ce qu'il en rajoute pour expliquer aux mal-comprenants ou plutôt par fierté d'avoir frôlé l'humour ? |
• Les maximes, vérités essentielles
Elles parcourent les chansons, mais pas systématiquement non plus. On entend par exemple : "La nature, je le constate, a des filles préférées / T'es faite comme un complot, un colis piégé" (Advienne que pourra). Car les chansons de Bénabar sont de belles leçons poétiques de sagesse !
On trouve encore : "Les albums familiaux sont les manuels d'histoire, qu'on regarde jamais, qu'on réserve au placard." (dans " Les épices du souk du Caire"). Car Bénabar est le Vauvenargues du XXIe siècle. |
• L'humour et les bons mots
Pour critiquer le peu d'humour de Bénabar, on aurait pu choisir la facilité et montrer les pires trucs, genre "L'itinéraire", où il montre que ne pas pouvoir étendre les jambes dans la voitures, c'est pas agréable (ah ah !) ou d'autres subtilités esclaffantes, mais en réalité, non, on a préféré prendre les phrases parmi les plus drôles de son répertoire. Il y a plusieurs types de comique : surtout les bons mots, les blagues x fois réutilisées et les chansons autour d'une idée plus ou moins drôle. |
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Pour les chansons sur une seule idée, on en trouve beaucoup également. Bénabar a une idée de départ, autour de laquelle il essaie de broder pour que ça tienne une chanson. C'est le cas de "La Berceuse". Idée de départ : papa veut endormir son mioche, qui dort pas, papa s'énerve alors, et ça dure et ça dure. Y'en a qui apprécient (chacun ses goûts). Autre chanson à une seule idée : "Tu peux compter sur moi". Dès le début, on suppose avant qu'il ne le dise que le personnage feint d'être disponible si on a besoin de lui, mais qu'il ne le sera pas. Sauf que chez Bénabar, ça dure, ça dure (car faut bien en faire une chanson !), et il cherche des exemples pour dire et redire qu'il peut pas être disponible. (Ah ah !) |
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Parmi les vannes récurrentes, les blagues sur la beauté (qui ne s'est jamais moqué d'un boutonneux ?), c'est chez lui du genre : "t'es pas non plus terrible / Regarde-toi dans une glace, Muriel, faut être lucide / Bon, il a des torts, il t'a trompée c'est vrai / Avec ta mère d'accord" (Dis-lui oui). Une autre chanson, "Les épices du souk du Caire" ne joue que sur les lieux communs que tout le monde partage sur les photos et photos de vacances, comme "ah t'as vu ta gueule sur le permis de conduire". Chez tout le monde, ce genre de réplique, ça reste dans les annales des soirées pourries, mais chez Bénabar, faut pas gâcher, ça devient une chanson [si vous avez une vie de merde, écouter Bénabar ça peut compenser]. Autre blagues x fois ressassées, mais qui fonctionnent toujours : "Nous c’est l’amour avec un grand A / Te voilà contente avec un grand con" (Le slow), ou encore les jeux de mots qu'on reconnaîtra quand même drôles : "Faut r’ connaître que t’es pas non plus une cérébrale / Tu croyais qu’un stéréotype c’est un mec avec un walkman" (Le slow). Appel à tous les bons esprits, fournissons des jeux de mots à Bénabar, comme "autographe", c'est pas le véhicule d'une tenniswomen ? |
| Pour les chansons sur une seule idée, on en trouve beaucoup également. Bénabar a une idée de départ, autour de laquelle il essaie de broder pour que ça tienne une chanson. C'est le cas de "La Berceuse". Idée de départ : papa veut endormir son mioche, qui dort pas, papa s'énerve alors, et ça dure et ça dure. Y'en a qui apprécient (chacun ses goûts). Autre chanson à une seule idée : "Tu peux compter sur moi". Dès le début, on suppose avant qu'il ne le dise que le personnage feint d'être disponible si on a besoin de lui, mais qu'il ne le sera pas. Sauf que chez Bénabar, ça dure, ça dure (car faut bien en faire une chanson !), et il cherche des exemples pour dire et redire qu'il peut pas être disponible. (Ah ah !) |
Bena ... bar bituric ouais !
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Pour les bons mots, en voici quelques exemples : "ça fera un an dans 10 mois que vous sortez ensemble" (Adolescente), bon mot dont il est tellement fier qu'on le retrouve, en variante dans "Porcelaine" : "Tu t'es fait plaquer par le nouvel homme de ta vie / Pourtant tu le connais au moins depuis vendredi". On trouve encore : "Moi qui suis roturier - c'est mon seul titre de noblesse" (Bruxelles). C'est entre l'humour et le trait d'esprit (ce qui était à la mode dans les Salons mondains). |
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Mais on va quand même finir par une note positive, il y a quand même des trucs sympathiques chez Bénabar, comme le retournement, la répétition variée : "Il fait rien qu'à l'énerver / Ce vélo qui fait que tomber / C'est quand même très énervant / Ces vélos qui tombent tout le temps" (Le vélo) ou encore dans "Il s'entêtait dans son refus, je l'ai d'ailleurs trouvé têtu" (Bruxelles). Dans ces côtés-là, je l'aime bien. Sinon, je l'aime moins, c'est tout |
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