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 | Becquetages nerveux BeNabar ... Publié le 13/07/2006 par Eddie | ... ça pue la crotte de courge !!!
Diatribe éhontée ... |
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Toi y’en a avoir mal !!!! |
• Le retour au naturel ! Bénabar, un chanteur étiqueté bio ?
"À notre santé" me semble une manière de « penser » très dans le vent. Quel groupe actuel n'a pas chanté son refrain : "ils aiment plus le naturel, mais nous oui !". Tous les couplets reprennent cette idée, ça devient dans le deuxième par exemple : "il boit de la bière sans alcool / (…) / ils boivent du café décafeiné / avec du sucre désucréifié". Dans "Y'a une fille qui habite chez moi", ce tic revient, sous la forme "du savon sans savon". Car Bénabar préfère le naturel, au cas où on n'aurait pas compris ! |
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Mais c'est une sorte d'hypocrisie, laquelle revient souvent. Il ne s'agit pas d'aimer le naturel parce que c'est naturel, mais parce que ça fait bien, c'est à la mode d'être pour le naturel, mais bien sûr un certain type de naturel. Bref, on aime le café, la bière, le vrai savon, mais bizarrement pas les légumes et les fruits : "Y'a plein de légumes ! / Y'a même des fruits !" s'offusque-t-il dans "Y'a une fille qui habite chez moi". Pourquoi le savon véritable (qui est pourtant un produit industriel) et pas les fruits (qui sont naturels !) ? Le naturel n'entre en réalité pas en jeu. Seul importe de savoir par qui est consommé le produit. Habituellement ceux qui consomment les fruits et légumes, ce sont les gens qui "font attention à eux", les gens "bien". C'est donc pour ça qu'il n'aime pas. Ex : ce qui est dit "bio", même si c'est naturel, étant donné que ça plaît à une certaine classe sociale, aux gens dits "conventionnels" (de famille bien élevée…), il n'aimera pas, car lui il n'est pas comme eux. |
Mais ça ne l'empêcherait pas d'aimer un fruit dans une autre chanson, il faut juste qu'il ne dise pas "produit frais" (ce qui fait personne qui s'occupe de sa santé), mais qu'il y ait dans sa formulation le sous-entendu d'un défaut ou du terroir, etc. Ex : "une pomme abîmée", "une pomme avec un vers dedans", "une pomme que Mr. Manou a chéri avec ses vivants bras de paysan". Dans ce cas là, la pomme est gentille ! Il s'agit toujours de la même pomme, mais la formulation n'est pas la même. Le produit n'importe jamais chez Bénabar, seule l'image du produit importe. C'est typique des mondains modernes. Seule la pose, la formulation compte.
Mais en réalité, Bénabar aime ces "petites choses de la vie" dira-t-il. C'est ce qu'on appelle les "petits rien". Ces petits rien sont parfois de la poésie (chez Ponge, etc.), mais tournent souvent à la recherche systématique du rien, comme chez Bénabar. [À propos des "petits rien", on préférera lire ce qu'en dit à ce sujet Pierre Jourde dans "La littérature sans estomac", sur "l'objet authentique" notamment]. |
• L'idée des défauts, de l'imperfection
Le simple dualisme "bien"-"mal" n'existe plus chez Bénabar, qui l'a profondément dépassé. Car lui, il inverse le "bien" qui se réfère à "eux", et "nous" est désormais un "mal", qui devient très conventionnel, puisqu'accepté par tous. Donc c'est un bien. Quelle est la nature de cette nouvelle convention ? C'est forcément de déranger un peu les bourgeois, les officiels… ! Car comment Bénabar s'oppose à la convention des autres : en montrant qu'il aime le café et qu'il aime fumer ! |
Bena ... Ordures ouais !
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Car il s'agit bien d'une nouvelle convention. Il cherche à se démarquer de tout ce qu'on dit habituellement conventionnel. Or comme la législation s'attaque au tabac et au pinard (qui au passage doit regrouper pourtant la majorité de la population), Bénabar écrit qu'il "aime le café et l'odeur du tabac" (un peu comme tout le monde quoi), sauf que chez lui ça devient une petite rébellion, car c'est une "faute" ("est-ce ce ma faute à moi"). Celui qui fume est alors un "criminel" (il écrit : "des fois un criminel fume une cigarette"). Bref, quand Philippe Delerm écrivait Une petite gorgée de bière en montrant ce plaisir simple, partagé par tous, chez Bénabar ça devient une petite prise de risque, quelque chose de rebelle. |
Ce que Bénabar fait sien (et par là même celui de tout son public), c'est les "petits excès de la vie". Manger gras ça devient criminel, boire du café c'est terroriste ! C'est un peu comme les mondaines et bourgeoises s'offusquent de leurs petits pêchés mignons : "T'es comme un pêché mortel, bonne comme une pâtisserie" (dans "Advienne que pourra").
Car n'est-ce pas de la nature des dandys, des mondains, que de créer un "scandale" (volontairement dérisoire) pour électrifier le vide de sa vie ? |
Bena ... bar PMU ouais !
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• À qui Bénabar s'adresse dans ses chansons ?
"À notre santé" est typique du mode de pensée de Bénabar. Il y a systématiquement les "nous" (bien) et les autres (forcément moins bien). Qui sont les autres : eux. Qui est "nous" ? Bénabar bien sûr, mais surtout le public de Bénabar, tous ceux à qui il s'adresse. |
Dans "À votre santé", les "ils", c'est les gens clean, les bourgeois, "ils mènent une vie sans excès". Sous-entendu, on n'est pas comme eux, nous, on n'a pas de tabou. Le "votre santé" s'adresse, bien entendu pas aux "ils", mais au public, qui est comme Bénabar, un public qui aime la vie. Les autres sont des monstres, ils n'aiment pas la vie ! Mais chez Bénabar, ça prend un caractère victorieux, héroïque ! |
• Les petits et les grands
Bénabar soutient les petits et critique les grands ! Quand il s'engage, il dit toujours tout haut ce qu'on dit tout haut, comme : "Félix (…) a compris, (…) que l'ennemi, c'est pas Ali / Mais les grands [magasins] qui mangent les petits / Les grands qui mangent les petits" (il le répète, car il a pas peur). Dans "Saturne", il dit que Paris est polluée et qu'il y a des mendiants ! (bref, c'est dérangeant). Autre grand qu'il attaque sans peur : l'Amérique. Bon, c'est vrai, il dit pas grand chose dessus, juste un petit "J'ai longtemps cru que dieu était rital / Maintenant je sais qu'il est américain !" (La p'tite monnaie). |
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Mais il est contre les beaufs, évidemment ! (Qui se dit beauf, à part pour donner une image de soit moins beauf, ex : "si vous dites que mater la formule 1 et dire des blagues graveleuses à longueur de temps et bin ouai, dans ce cas si vous voulez j'suis un beauf"). Comme tout est dans l'image qu'on donne de soit chez Bénabar, dans "Monospace" il ne veut pas faire comme les beaufs en vacances : "Même si elle menace, me supplie à genoux / Je n'irai pas manger une glace avec un pull autour du cou.". Quel belle leçon d'intégrité ! Non, Bénabar n'est pas un beauf, la preuve, il le dit. |
• Le racisme
Systématiquement, Bénabar prend parti, il indique de quel côté il se range, c'est toujours du côté des gentils (pour tout auditeur pas trop con), c'est-à-dire contre l'idée que tout le monde combat. Exemple : le racisme. Bénabar ne l'aime pas, le racisme. Au contraire, à propos de l'épicier algérien, Bénabar dit pour son public "J'l'aime bien, il est sympa." (dans "Ali et Félix"). Car l'algérien c'est "bien" dans le langage bénarbien, qui cherche à présenter comme bien les gens que les "méchants" n'aiment pas. |
Bena ... Babar ouais !
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Ici, le méchant c'est le raciste, incarné par "Félix". Mais pour feindre de ne pas tomber dans le cliché anti-raciste, Bénabar livre quand même une critique sur Ali : est-ce un "connard" qui "gueule", quelqu'un qui tape son fils ? Non, car la critique (cf partie sur l'auto-dérision) est toujours gentillette quand elle s'adresse au gentil : Ali, il vend du "pâté au prix du meilleur foie gras" ! Bref quand il a des choses à dire, Bénabar il les dit, même aux arabes ! Il est comme ça, Bénabar, il est franc !
Autres choses bien dans le langage bénarbien : le café (car naturel), la bière (car c'est considéré comme "pas bien" par les méchants), se coucher tard (considéré pas bien par les méchants, comme les médecins…)… |
Bena ... bar Tabac ouais !
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• Le nul en math et en français
Les défauts de Bénabar sont ceux de tout le monde. Donc ils ne peuvent que plaire à tout son public. C'est ce qu'on appel l'horizon d'attente, quand il est totalement comblé, on peut supposer qu'il s'agit de choses de mauvaises qualités (mais ce n'est pas un critère universel, ex : Charlie Chaplin…).
Un de ses défauts (dans "La leçon de solfège") c'est d'être mauvais en conjugaison, bref comme tout le monde : "J'apprenais bien après la concordance des temps". Bénabar cherche à montrer ces petits défauts partagés par tout le monde, bref de montrer qu'il n'est pas pote avec Pivot (comme tout le monde qui se respecte, quoi !). |
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Dans la même idée que de montrer les défauts, les petits pêchés coupables, Bénabar s'accuse toujours de faire des petits délits dont il prend immédiatement le public à témoin. Dans "Majorette", Bénabar n'est pas un gros pervers ou un pédophile, c'est un mec qui aime quand on "voit sa culotte tout le temps", bref comme tous les hommes normalement constitués. |
Dans "Majorette", il est le "bon à rien", le mec qui dit que "dans [s]a tête y'a un truc qui va pas". Car c'est la deuxième pose de la feinte de l'aveu de ses défauts. Bénabar parle toujours de lui (narcissisme primaire), mais en feignant de se critiquer (mais il ne dira jamais "pédophile" mais "j'aime le café", c'est ce genre d'auto-critique auxquelles il faut s'attendre). Et donc quand il feint des critiques un peu plus importantes ("bon à rien"), c'est toujours gentillet et ça le montre finalement sous un jour sympathique : quand il dit qu'il y a un truc qui va pas dans sa tête, c'est pour dire qu'il n'est pas comme les militaires (étiquetés "pas ben" dans le langage bénarbien), donc finalement il est un type bien. C'est ça la nouvelle convention qu'utilise Bénabar !
Dans "Porcelaine", il joue sur les clichés sur tous les ex de la fille, mais bien sûr il ne peut pas s'oublier, et feint l'humour "et y'a eu moi aussi, mais c'est pas pareil", comme ça on se dit qu'il se prend pas au sérieux, qu'il ose se critiquer ; mais tout est encore dans l'image : il n'y a aucune auto-critique. |
• Une nouvelle convention
Si Bénabar, comme plusieurs autres chanteurs de sa génération, cherche à montrer qu'ils ne font pas comme tous le monde, ils sont en réalité dans un nouvel esprit très conventionnel, mondain, de rejet de ce que tout le monde rejette par convention. Il s'agit de suivre le cliché à la mode, d'avoir l'opinion dominante sur un sujet. Ex : l'art contemporain, c'est casse couille mais ça fait bien. |
Bena ... bar Javel ouais !
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C'est ce qu'on trouve dans "Vade retro téléphone" : "Pour t'inviter à une expo genre art contemporain / N'importe quoi j' m'en fous mais un truc qui fait bien / Et que je fais jamais (…)". Car Bénabar doit préciser au public qu'il est comme eux (ou plutôt que le public est comme lui). |
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À ce titre-là, "Triste compagne" (qui est une des toutes dernières chansons que j'ai entendue de Bénabar, donc après avoir dit tout ce que j'avais dit) est représentative de l'esprit du mondain, qui est de feindre de ne pas être ce qu'il est. Bref, il dit ne pas être "l'esthète à la dérive", il ne souffre pas non plus du spleen qui d'ailleurs est "encore à la mode" (sous entendu lui n'est pas à la mode… d'ailleurs on le croirait presque quand on le voit partout à la télé, à la radio, et sur les lecteurs de cd de tout le monde). |
• L'auto-dérision
Dans "Adolescente", il s'agit de prendre bien sûr parti (ce que fait toujours Bénabar), en faisant semblant de ne pas prendre parti, de faire de l'auto-dérision. D'habitude c'est sur lui-même, mais ici, c'est de l'ironie sur l'adolescente. Car si Bénabar rit (ou essaie de rire) de tous, il rit surtout du père, de la mère…, mais bien sûr on ne s'attache qu'à l'adolescente.
L'auto-dérision appliquée à Bénabar est un amour-propre. L'ego de Bénabar est un des traits caractéristiques de ses chansons. Parlant souvent de lui, feignant de se critiquer, il se lance toujours des gentils piques, se traite de non-poète pour suggérer l'inverse, comme dans "Le dramelet ?", où on entend : "tu sanglotes tu blêmis à présent qu'a sonné l'heure / elle est super cette phrase j'suis balaise comme auteur". Là, il feint d'être prétentieux et de s'approprier une citation. Citation qui est assez célèbre pour que tout le public puisse comprendre qu'il n'en est pas l'auteur, et donc comprendre qu'il est un faux-prétentieux. Mais ça me semble plutôt un tic de Bénabar de parler de lui, et surtout de parler de lui comme d'un non-poète (ce qui signifie "poète" chez lui). |
Bena ... jouir ouais !
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• Le cynisme
Bénabar est également un profond cynique, qui dit que la société n'est pas très bien. Il écrit quelquefois des petites fables moralisatrices, comme "Approchez", qui en gros dit qu'un homme honnête c'est une attraction aujourd'hui. Car dans notre société tous les gens sont des menteurs, bouh ! Et c'est l'intérêt principal de cette chanson.
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• Sur ce qui fait poétique
Un cliché sur les poètes, mais cliché vrai, est que le poète est quelqu'un qui joue avec les mots et avec la grammaire, un adjectif devient par exemple un verbe. Bénabar écrit ainsi "ça me tragique ça me cruel" (Bon anniversaire). Bénabar serait donc un grand poète ! Sauf que chez lui ça devient anecdotique (utilisé une fois) et de façon placardé : Bénabar cherche ici à faire poétique. Il ne dit pas quelque chose de poétique, il dit en gros : regardez, je suis poète puisque je fais comme eux il font. Car le tic de Bénabar est de feindre de ne pas être poète pour qu'on lui dise juste après qu'il l'est. Autre exemple, il écrit un quatrain volontairement plein de clichés poétiques (solitude – océan – forces de la nature) : "J'ai besoin d'être seul / Je marche face à l'océan / Pour faire le point / Au contact des éléments". Puis vient l'aveu hypocrite : un peu comme les femmes maigres (ou belles) disent "oh ! comme je suis grosse ! (ou moche)" pour le plaisir d'entendre quelqu'un dire "mais non, t'es super mince (ou belle)", Bénabar, lui, il écrit : "Mais tout ce que j'en conclu / Je dois pas être un poète" pour qu'on lui dise aussitôt que si, il en est un de poète, et qu'il écrit décidément bien ! |
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| Votez canard! |
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