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Littérature et pathétique...(mais presque).
Publié le 22/09/2006 par Révérende Mère Darwi
Après les Caractères de La Bruyère, Retour au Café de Flore…(ou comment se moquer de ses congénères en en retenant un plaisir vif et subtil).
Ambroise était fils unique, né d'une famille de français moyens. Il avait très vite essuyé les quolibets de ses petits camarades de classe du fait que ses parents l'avaient inscrit contre son gré dans une école privée très réputée.

Pas une récréation ne se passait sans qu'il se mange un « Ambroiiiiise c'est un fils de connnnn Ambroisse c'est un fils de coooooooon » répété et chanté à tue-tête.

Pendant la période primaire, cela était supportable, mais arrivé au collège la chanson devint une insulte lancée par des groupes de collégiens, et "con" fut remplacé par "pute".

Chaque jour, le petit devait essuyer des « Ambroise c'est un fils de pute », ou plus simplement, « hé Ambroise, espèce de fils de pute! »



Ambroise avait beau être dans un très bon établissement, il était assez bête. Oh, pas méchant, pas bête dans le sens "abruti", mais il avait un problème de compréhension.

Apprendre les choses par coeur, par exemple, ça ne lui posait aucun problème, il imprimait des phrases dans son cerveau et les ressortait à la demande. Mais si on lui demandait ce qu'elles voulaient dire, ou ce qu'il en pensait, il se perdait dans des explications farfelues et confuses.
Un jour, lors d'une réunion parents/profs, Ambroise, qui était alors en 3eme, entendit son professeur de français dire à ses parents : «Oh vous savez, il écrit très bien, connaît sa grammaire sur le bout des doigts, mais quand il s'agit de disserter, c'est le marasme. A chaque personne son fardeau, le sien c'est une sorte de barrière mentale qui l'empêche de comprendre certaines choses. Il faut faire avec ».


Les parents étaient très en colère, et le père entreprit de casser la figure de cet enculé de prof qui connaissait mieux que lui son fils.


Deux surveillants intervinrent, et la bagarre fut évitée.

Ambroise avait tout écouté, mais il n'avait rien compris. C'etait plutôt positif, il ne faut jamais dire à un con qu'il est con.

La prof de français, décidément peu connaisseuse de la psychologie parentale...

En grandissant, Ambroise restait de plus en plus seul.

Ses résultats étaient bon dans les matières scientifiques, les mathématiques, pour lui, étaient un mode de réflexion basé sur une logique déjà existante : le rêve.

On avait plus qu’à appliquer la formule, et ça marchait à tous les coups.

Dans les maths, il n y avait pas de hasard.

Ambroise aimait les maths, et il commençait à mépriser ceux qui n'y arrivaient pas.



La période du mépris fut remplacée très vite par la période de l'ego.

Ambroise avait cessé de croire que les autres étaient tous idiots, il avait préféré penser que lui était un génie.

Mais il lui manquait toujours une chose.

Il voulait qu'on le respecte, et qu'on le considère autrement que comme un petit matheux débile. Les moqueries avaient nettement diminué, mais ils voulaient qu'elles soient remplacées par une sorte de respect.



Quand il alla demander à son professeur de philosophie ce qu'il fallait pour être respecté, celui ci répondit après avoir un peu réfléchi, (choisissant ses mots pour être compris) :

« Je pense que c'est une affaire de charisme... Avec le charisme, on obtient le respect ».

Charisme.

Aaaah quel bel instrument...

Ambroise fit celui qui avait compris et fila chez lui pour chercher le mot dans le dictionnaire.

« Ca.... KA .... »Il ne trouvait pas « QuA..., KQA ? » Non, aucune trace de ce mot dans le dictionnaire.

Ambroise commençait à croire que le prof s'était foutu de lui, son père lui dit que les profs aimaient charrier leurs élèves.

Ambroise rouvrit le dictionnaire pour chercher le mot"charrier». Et c'est là qu'il trouva, par hasard, la définition du mot qu'il avait cherché quelques minutes plus tôt.



"CHARISME" (le prof avait dû mal prononcer..)

Après avoir lu la définition attentivement, Ambroise décida d'aller demander à son père de lui donner un exemple de personne charismatique. Son père lui répondit "ah! Ben là comme ça, j'dirais BHL, BHL c'est un gars qu'a du charisme». Ambroise demanda pourquoi, et son père lui répondit qu'on ne comprenait rien quand il parlait.
Plus tard, Ambroise comprit ce que son père voulait dire quand il vit une interview des frères Bogdanov à la télévision. A une question simple, Igor entrait dans une sorte de masturbation verbale, une suite de mots tous plus incompréhensibles les uns que les autres pour noyer le poisson ou jouer une sorte de jeu avec le journaliste quand la question le gênait.


Ambroise avait la clef de son problème.



Le lendemain, il alla s'acheter des habits charismatiques. Tout ce qui était "mode", et que la communauté gay aimait porter, il allait le porter. Ambroise commença ainsi à s'entourer de groupes de lycéens un peu plus jeunes que lui, de jeunes rebelles qui voulaient pour certains changer la société, pour d'autres "juste la niquer" ; cette bande de joyeux drilles se complaisait à "jouer les adultes".


Un incontournable vestimentaire selon Ambroise, et selon tous les étudiants de la Sorbonne.

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Mon avis   Plectrude le 06/08/2007 à 22:08

Délicieusement cruel et désopilant !!!