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 | Delirium trés mince Une apparition de Phil Collins Publié le 29/11/2006 par Buzzmix | | Phil Collins se demande bien ce qu’il fait ici. La promo, ça ne le dégoûte pas, mais il aime vraiment pas trop les plateaux de télé réalité. Et plus on va à l’est et plus c’est pourri. Les français savent vraiment pas y faire pour organiser un show .... ' |
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Une apparition de Phil Collins |
Il est là, se tient debout tout près d’une jeune fille de 22 ans, souriante et tendue sous les projecteurs. Il a une sorte de Dockers beige, un pull sans manche jaune poussin et une chemise blanche. Il regarde le mec qui lui donne du « Phil Collins ! … Monsieur Phil Collins … plus de (10, 20, 1000 ? ) millions d’albums vendus ... Quelle carrière… » … etc … etc… il a envie de chanter pour en finir …
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Mon dieu que tout est petit chez les français… cheap … le dressing de Tina Turner est mieux éclairé…elle est passée par là aussi … ça marche pas fort pour Tina en ce moment. Il regarde la jeune fille. Elle est mignonne. Peau bronzée. Hanche dénudées hyper cambrée. Il la tâtera un petit coup après la chanson… mais est ce qu’ils vont finir par chanter bordel de merde ? Le mec qui dégouline d’huile et de respect lui pose des questions sur … il s’en fout, il sait répondre en pensant à autre chose, c’est très facile de ne pas se préoccuper de se qui se passe autour de soi. Finalement il se tait et la bande de musiciens se met à jouer. Eux, ils sont très bien, ils jouent sans rien changer, ils affadiraient une face B de Bon Jovi, mais justement, ça lui permet de mieux ignorer la musique. Il regarde la jolie fille. Elle chante pile comme les musiciens, tout juste et tout plat, ça n’a pas grand intérêt. C’est tant mieux comme ça il peut la draguer un peu en reprenant « Jizseusse y naussse mi, hand y nauuuuse aïme raïte » avec de légères génuflexions et des mimiques douloureuses.
Bon, 3 minutes passent et il retourne s’asseoir. C’est fini. Foule de gamines hurlante, la fille titube jusqu’au bord la scène. Elle se fait noter par des professionnels de la profession qui se grattent la tête pour trouver en vitesse des point positifs ou négatifs à sa prestation transparente.
Un peu comme des rock-critics contraints de chroniquer le CD d’une méthode de guitare.
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Phil Co’ se demande bien ce qu’il fait ici. La promo, ça ne le dégoûte pas, mais il aime vraiment pas trop les plateaux de télé réalité. Et plus on va à l’est et plus c’est pourri. Les français savent vraiment pas y faire pour organiser un show.
L’animateur agit un peu comme s’il voulait se moquer de Sinatra. Il doit essayer de l’imiter, de lui rendre hommage. Il le poignarde en fait, mais Phil s’en fout. Sinatra est mort et avant il était alcoolo et pote avec toute une tripotée de mafieux et de Kennedy, alors l’animateur en France, sûrement qu’il n’en aurait jamais entendu parler.
Phil est assis. Les yeux dans le vague.
On lui demande son avis sur la prestation d’un mec qui a repris … un des ses morceaux. Sûrement I can’t dance. Hum…peut être que… Nan, il a pas fait attention. Un régal ce groupe. Les musiciens ont du écumer tous les ascenseurs d’Europe pour sonner aussi discret. Plus discret qu’un courrant d’air. Il porte le micro à ses lèvres. Dit des trucs. Il a des trucs en stock pour ces situations, il en a fait certains, on lui a écrit les autres. Sa maison de disque s’occupe de ce qui l’emmerde.
Ça, ça l’emmerde beaucoup. Tout le monde applaudit. Ils sont contents, c’est bien l’essentiel. Les Rolling Stones ne font pas ça. Pourquoi ? Ils vendent plus que lui ? Elton John le fait. On l’oublierait vite sûrement, si il ne passait pas à la télé de temps en temps. Ça le déprime un peu, il regarde ses chaussure Timberland, fait balancer son micro entre ses genoux.
Sur l’écran qui surplombe la scène, on passe un film. La jeune fille avec qui il a chanté apparaît. Sa vie dans la baraque où ils sont stockés la semaine. Il la regarde. Elle est très excitante. Elle bouge avec lenteur, élastique, précise. Un délice. Les yeux de Phil passent de l’écran à la fille, écran / fille / écran. A la fin du film, il se lève d’un bond et va la congratuler. La tâte encore un peu. Elle se laisse faire. Elle a l’air docile. Il faudra qu’il voit l’animateur à la fin. Qu’il la fasse venir à l’hôtel.
Ou alors il ira se coucher, ou manger dans les cuisines. Il en sait rien. Il sent des remontées acides. Des vagues de sucs gastriques refluent dans son œsophage à chaque fois qu'il est excité. Le médecin devra changer le dosage. Putain de médecins. Ils n’y connaissent rien. Bandes de cons. Il bande quand même.
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Reste assis à penser au golf. A un beau golf en Floride. En Italie. Il pense à un break. A une limousine. A un dîner chez un grand patron de l’agro alimentaire qui l’a invité à une chasse. Il a envie de rentrer chez lui. Il n’a jamais été plus près du blues man qu’aujourd’hui.
Deuxième duo. Avec deux mecs. Il prépare son air complice. Et son air guerrier aussi, parce qu’ils finiront par se faire face à la fin du morceau, et qu’à ce moment là ça devra être intense. Mais…comment faire son fameux face à face s’ils sont trois ? Ça lui fait froncer les sourcils en rejoignant la tache d’huile en smoking qui clapote d’impatience au milieu du plateau. Dieu qu’il fait chaud…Les lumières sont mal réglées. Ça lui fait mal aux yeux, mais on lui interdit de mettre des lunettes noires parce que ça fait drogué. Et les dentistes, les golfeurs, les agents immobiliers n’écoutent pas les rockeurs drogués. Il plisse les yeux, ça rajoutent à l’ambiance de contrition qu’il imprime au morceau « Telle mi ou aïe … Ouilléééé… tèlle me waille… ». Elton a fait un duo avec Eminem. Il devrait faire un truc comme ça, avec un jeune un peu dur. Un rocker. Du genre Pete Doherty. Sauf que ça marcherait pas, Elton est pas très rock, mais il est toujours infiniment plus rock que Phil. Une fois, il a mis un perfecto. A peine 10 minutes. Juste le temps de le jeter dans une poubelle et de partir en courant avant de se faire casser la gueule par une bande de Rockies. Putain de rockies. Nan, une canadienne à la mode, pour l’Europe, ça serait plus son genre. Ou un morceau de R’N’B, sauf qu’il faudrait pas qu’il danse.
Dieu que c’est devenu trop difficile les duo dans les années 2000… c’était plus simple dans les 80’s et 90’s. Ils chantaient entre eux, lui, Tina, Elton, Mark Knopfler, Mick Jagger, George Harrisson, Macca, Freddie, etc. Ça roulait, ils faisaient des blagues, ils se déguisaient. C’était le bon temps…
Le show continue. Il voit des petites ombres passer dans les coulisses. Ils font travailler des enfants ? Ou des nains ? Putain de français, sont devenus débiles à force de perdre des guerres. Des petites ombres qui se glissent entre les jambes des régisseurs, qui courent, qui montent aux échelles. Il détourne son regard et se remet à fixer la fille. Elle, elle regarde une de ses copines qui défend sa chance. Elle a les yeux qui brillent. Elle l’aime. Est-ce qu’elles couchent ensemble ? Mick Jagger saurait dire ça. Mick, c’est un malin niveau cul. Phil se fait un clin d’œil et un sourire en coin à lui-même. Ouais, un malin au niveau cul…
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Phil sent les petits êtres passer dans son dos, entre lui, les gardes du corps et le public. Mais à quoi servent ces enfants, au juste ? Peut être au déminage. Le terrorisme, en France, c’est quelque chose. Ça ou …Ou quoi… ? Il n’y comprend plus rien, à la télé. Il y passe son temps, mais il n’y capte plus grand-chose. Il se sent vieux d’un coup. C’est vrai qu’il est vieux, selon certains critères. Ici les jeunes l’aiment, mais il ne comprend pas vraiment pourquoi. Il est vieux, c’est une évidence. Il s’habille comme, il écrit comme, il bouge, il pense, il vote, il rigole comme un vieux. Il pense que ces gamins n’achètent pas ses disques. C’est plus pour les parents qu’il passe ici. Mais on l’acclame quand même. Quel pays... Il se tourne. Dans son dos, le public bouge comme un seul être. Des vagues parcourent la salle, sous les lumières rouge sang, on dirait une coulée de chair qui ondule et se répand depuis les portes en haut jusqu’au bord du plateau. Des vaguelettes baignent la scène. Il s’imagine enlever ses chaussures, retrousser son Dockers beige, et aller tremper ses pieds dans le liquide épais et chaud, marcher le long du plateau, les mains dans les poches, ramasser un galet arrondi par la houle et faire des ricochets sur les vagues hurlantes de viandes molles, écarlates et vivantes.
Il sent des petites mains qui fouillent ses poches, essaient de se frayer un chemin, de lui voler son portefeuille, ses clefs, de débrancher son micro. Il sent les ongles traverser ses vêtements et lui griffer la peau. Il se tortille, donne des tapes sur ses hanches. L’animateur lui jette un regard inquiet, Phil tourne les paumes vers le ciel, hausse les épaules et fronce les sourcils du genre
« Mais ça rime à quoi ces nains qui m’emmerdent ??? »
Il est à deux doigts de se lever et de quitter le plateau quand les lumières reviennent à la normale. La chanson est terminée. La jeune fille pleure. C’est beau.
Il est vaguement inquiet.
Il cherche à localiser les sorties de secours, son agent. Ses gardes du corps sont derrière à mâcher du chewing-gum, comme toujours. Des tonnes de chewing-gum ont été mâchées dans son dos. Ce soir, il a l’impression que chacun de ces chewing-gums a retrouvé le chemin de son dos et s’est collé sous son pull, qu’il a une carapace, qu’il est lourd. Il se tient bien en avant, pour ne pas tomber sur le dos, sinon il ne pourrait pas se relever. Il n’a pas envie d’être honteux. Pas en France.
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Il voit des ombres fuir un peu partout. Elles commencent à traverser le plateau. L’émission n’est pas bien tenue, ça devient vraiment n’importe quoi. Et au lieu de chasser les petits nains qui courent partout, le présentateur le regarde, lui, fixement avec un air préoccupé. Phil transpire autant que s’il faisait un tennis avec Lionel Richie. Qu’est ce qu’il fait chaud, putain ! Son agent le regarde aussi, lui fait des signes. Il ne comprend pas. Il ne comprend jamais son agent. Il s’en fout, détourne le regard. Il a envie de dormir. Ses yeux se ferment une seconde.
Phil sent leur souffle sur sa nuque.
Il se lève brusquement, regarde derrière lui. Le groupe d’adolescents qui joue sur scène envoie un refrain lavasse à ce moment. Il guette en fronçant les sourcils. Ses gardes du corps lèvent leurs sourcils au dessus de leurs lunettes noires. Ils s’interrogent. L’un d’eux colle son chewing-gum sous sa chaise, se redresse lentement, essuie ses doigts collant sur son costard rayé. La foule ondule. Phil scrute. Il n’y a rien. Les nains sont partis. Son cœur tape contre son sternum. Ses jambes tremblent. Gorge serrée. Et ces brûlures dans l’œsophage.
La chaleur est à peine supportable. Ses vêtements collent à son corps. Il a l’impression de transpirer du sirop d’érable, ses mains sont poisseuses, son front est lourd. Il sent ses tempes se bomber à chaque battement de son cœur. Il n’arrive pas à repérer les sorties, il est debout, le groupe joue, il tourne sur lui même, se penche, entreprend de descendre de la scène en enjambant les espèces de décors merdiques qui servent à s’asseoir. Ses tim’ glissent sur le sol de plastique. On baisse les lumières pour que ça passe inaperçu. La musique augmente. On essaie de l’enfermer. Il voit les nains, par centaines, courir autour de lui et essayer de lui vider les poches. Ses gardes du corps commencent à se lever, et certains portent une main à leur oreille, approchent leur bouche du revers de leurs vestes, bougent lentement leurs lèvres. Les nains mettent ses vêtements en lambeaux.
Il saigne. Il est sûr qu’il saigne. Il devine les auréoles vermillon qui se déploient sur son beau pull pastel, il devine les plaies béantes, profondes, chaudes, remplies comme des kebab des germes que les nains portent sous leurs ongles. Il marche le long de la scène. L’animateur fait des signes à son agent, ils veulent l’attraper, il se met à courir, les nains s’accrochent à ses jambes. Des petites mains glacées rentrent sous sa chemise, lui griffent la poitrine, enfoncent leurs doigts dans la chair de son torse. Il sent leurs petits visages frotter contre sa nuque.
Des grappes de corps faméliques pèsent sur son corps. Il chancelle. Chute. Ne peut se relever. Il sent des mains puissantes le relever, le porter, le rasseoir.
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L’eau est froide. Dans la baignoire, autour de son ventre émergé, de ses bras, entre ses jambes, flottent les amas de morve qu’il crache sans cesse. Il fixe le ciel. Les toits les plus hauts parviennent à rattraper le rebord de sa fenêtre. 15e étage. Un hôtel. La banlieue. Gris intégral. Murs qui se défont à vue d’oeil. Le monde semble partir par plaques depuis hier, et il sait que derrière chaque fissure, c’est un nain qui plante ses ongles et force jusqu’à ce que la matière cède et se répande. Leur haleine remplir la pièce.
Il sait que la ville grouille de gens à sa recherche. Il a réussi à s’échapper. Il a repris ses esprits, il s’est levé, il est parti. Il s’est mis en sécurité. Deux jours qu’il n’a rien vu. Mais depuis ce matin, il entend des pas qui traînent devant sa porte. On a du le repérer. Les gens du coin tournent en rond en se demandant si c’est bien lui.
Il jette son mégot fumant dans l’eau. Se redresse, jette un coup d’œil par-dessus son épaule, tire une autre cigarette du paquet, l’allume, s’étend à nouveau. La lumière du néon au dessus du lavabo est faible. Sale. Inutile. Il a froid. Il est dans son bain depuis le levé du jour. Il bouge les jambes. Clapotis. Se redresse, attrape le sandwich posé derrière les robinet. Avale ce qu’il en reste. Le pain est mouillé, spongieux, et a le goût gras et salé du savon. Il mâche. Le recrache immédiatement dans l’eau. Rote.
Il se retourne. Se retourne encore. Se met sur le côté comme s’il voulait dormir. L’eau est trop froide, il se lève.
Debout face à la glace, dégoulinant, il remet ses vêtements avec peine, l’eau empêche le tissu de glisser sur sa peau. Il frissonne. Glacé. S’allonge entre les draps.
Les murs craquent.
Il ferme les yeux de toutes ses forces. Voit des étoiles bleues, jaunes, roses.
S’endort finalement. |
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L’eau est froide. Dans la baignoire, autour de son ventre émergé, de ses bras, entre ses jambes, flottent les amas de morve qu’il crache sans cesse. Il fixe le ciel. Les toits les plus hauts parviennent à rattraper le rebord de sa fenêtre. 15e étage. Un hôtel. La banlieue. Gris intégral. Murs qui se défont à vue d’oeil. Le monde semble partir par plaques depuis hier, et il sait que derrière chaque fissure, c’est un nain qui plante ses ongles et force jusqu’à ce que la matière cède et se répande. Leur haleine remplir la pièce.
Il sait que la ville grouille de gens à sa recherche. Il a réussi à s’échapper. Il a repris ses esprits, il s’est levé, il est parti. Il s’est mis en sécurité. Deux jours qu’il n’a rien vu. Mais depuis ce matin, il entend des pas qui traînent devant sa porte. On a du le repérer. Les gens du coin tournent en rond en se demandant si c’est bien lui.
Il jette son mégot fumant dans l’eau. Se redresse, jette un coup d’œil par-dessus son épaule, tire une autre cigarette du paquet, l’allume, s’étend à nouveau. La lumière du néon au dessus du lavabo est faible. Sale. Inutile. Il a froid. Il est dans son bain depuis le levé du jour. Il bouge les jambes. Clapotis. Se redresse, attrape le sandwich posé derrière les robinet. Avale ce qu’il en reste. Le pain est mouillé, spongieux, et a le goût gras et salé du savon. Il mâche. Le recrache immédiatement dans l’eau. Rote.
Il se retourne. Se retourne encore. Se met sur le côté comme s’il voulait dormir. L’eau est trop froide, il se lève.
Debout face à la glace, dégoulinant, il remet ses vêtements avec peine, l’eau empêche le tissu de glisser sur sa peau. Il frissonne. Glacé. S’allonge entre les draps.
Les murs craquent.
Il ferme les yeux de toutes ses forces. Voit des étoiles bleues, jaunes, roses.
S’endort finalement.
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D’où il est, il embrasse toute l’étendue verte du 18 trous, et sans rien voir clairement, il devine les golfeurs qui dérivent sur le green. Il est assis sur une chaise de camping. Il frissonne. Sert la couverture sur ses genoux. La flanelle est trempée. Imbibée de la sueur de ses mains. Il a froid. Sent les gouttes couler sur son front. La bouteille en plastique est solidement coincée entre ses genoux. Elle craque un peu. Il l’attrape, avale de longue gorgée. Le vin est tiède, à cause du soleil. Phil essuie son menton râpeux d’un revers de main.
Il peut donner le nom de toutes les voitures sur le parking. Toutes, des berlines aux 4/4. Il s’en souvient par cœur. Il les répète à voix basse. Elles étincellent sous la lumière de Mai. Il y a même une Lexus.
Dans un panier en plastique rouge qu’il a pu sortir du super marché, il entasse depuis des mois les magazines qui parlent de la fille. Il n’arrive plus à déchiffrer les lettres avec le temps. Il les protège de la pluie et du soleil, mais l’encre disparaît quand même.
Il tousse. Crache. Se lève, rabat la couverture sur ses épaules et sa tête, attrape le panier et traverse la pelouse morte jusqu’au pont de chemin de fer. Il rentre dans l’ombre fraîche et puante.
Personne ne l’a vu. |
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