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Le massacre des morts-vivants
Publié le 25/04/2007 par Mutilabominator
Jorge Grau, donne sa vision du mythe zombiesque, avec une petite pincée de La nuit des morts-vivants pour le côté social et gore.




Le massacre des morts-vivants (1974)

(aka "no profanar el sueno de los muertos".
"the living dead at the manchester morgue", "Let sleeping corpses lie" ...)


de Jorgue Grau




Nous sommes en 1974, et le mot "massacre" dans le cinéma d'horreur est signe de "Massacre à la tronçonneuse" et de son immense succès.
Mais déjà, bien avant la période gore italienne, les espagnols surfent plus ou moins sur "La nuit des morts-vivants" de papa Romero, avec la série des templiers de Amando de Ossorio, instaurée par "La révolte des morts-vivants".

Jorge Grau, réalisateur peu connu mais assez doué, donne sa vision du mythe zombiesque, avec une petite pincée de "La nuit des morts-vivants" pour le côté social et gore.

Et cela donne "Le massacre des morts-vivants".


Dans la campagne anglaise, le héros, George (excellent Ray Lovelock), s'arrête avec sa moto à une station-service. dans sa mini Cooper, Edna (mignonne Christine Galbo) fait une marche arrière et renverse l'engin de notre ami. Aahlala, les bonnes femmes au volant !!! yikes

Bref, cette mésaventure oblige George à immobiliser son véhicule pour quelques jours au garage. Mais il sympathise avec Edna, et accepte de conduire sa Mini pour l'emmener chez sa soeur, qui fait une grave dépression, suite à de sérieux problèmes avec l'héroïne (euh, la drogue, pas Edna !).
Si Edna laisse George prendre le volant, c'est qu'elle est fatiguée, mais c'est aussi qu'elle a envie d'un peu de compagnie, et ce mec hyper baba cool aux cheveux longs est le bienvenu !


Mais les choses vont prendre une tournure imprévue. Alors que George part demander le chemin à des autochtones, Edna aperçoit un étrange personnage qui tente de l'attaquer.



Quelque temps plus tard, alors que George et Edna arrivent finalement chez la soeur, le mari de cette dernière est assassiné près d'une rivière...

Le sergent Mc Cormick (Arthur Kennedy, inoubliable) ne voit pas l'arrivée des deux étrangers de très bon oeil. Pour lui, George n'est qu'un vulgaire hippie, respectueux d'aucune règle, et surtout pas de la police !
Il le soupçonne du meurtre et demande aux deux protagonistes de rester dans un hôtel en attendant que l'enquête soit résolue.

Sur le journal, Edna reconnaît l'homme qui l'a agressé : il se nomme Guthrie, il est sans-abri et... il s'est noyé dans la rivière quelques jours avant.
Refusant de croire Edna, George l'emmène au cimetière pour lui prouver que le mort ne s'est pas sauvé.

Hélas, les morts se sauvent bien, affamés de chair humaine !
Une machine à radiations ultra-soniques, destinée à la destruction des insectes nuisibles, est la cause de la résurrection des cadavres.
Un policier est attaqué et tué, puis George et Edna parviennent à éliminer un trio de zombies en les brûlant dans une crypte.
Bien entendu, Mc Cormick pense à la culpabilité de George, et le jeune homme est désormais la cible de la police... ceci n'empêchant pas les cadavres de dévorer tout le monde !



Sur un rythme lent, employant assez peu de zombies ( une dizaine au total ), Jorge Grau installe un climat glauque, froid, inquiétant, le tout soutenu par l'étrange musique de Giuliano Sorgini.



Le personnage campé par Ray Lovelock représente le "rebelle" par excellence pour la police. Ceci fait de lui une jeunesse décadente à éliminer !!!



Cette tension entre les personnages amène une critique virulente de la société "bien-pensante" face à la liberté individuelle ( il y a aussi un message écologique sous-jacent, comme la société de consommation chez Romero).
Jorge Grau dénonce l'idée que si l'on a les cheveux longs et la barbe, on est forcément un salaud !

Le côté réactionnaire et même raciste est dévoilé au grand jour, la police n'étant pas épargnée.

Pourtant, le seul policier sympathique se fait atrocement mutiler par les zombies...

Jorge Grau rappelle donc les dénonciations faites par Romero, et le personnage de Ray Lovelock se rapproche de celui de Duane Jones dans "La nuit des morts-vivants". D'ailleurs, SPOILER, il subira le même sort (mais avec vengeance surprise)...


Tout au long du film, George se fait toujours remarquer les mêmes choses : "Vous venez sans doute de la ville, ici on ne voit pas beaucoup d'hommes aux cheveux longs", "Vous êtes tous les mêmes avec vos cheveux longs et vos vêtements achetés aux puces, et vous vous moquez de la police !"...
A cette dernière réplique, prononcée par Arthur Kennedy, Ray Lovelock répond par la phrase "Heil hitler" d'un air cynique...

De plus, comme dans "L'invasion des profanateurs de sépultures" et de nombreux autres films, le héros est toujours incompris alors qu'il prévient d'un danger mortel...


Mais, outre de proposer cette critique acerbe de la société et de la "morale", le film n'en demeure pas moins très violent et osé, comme l'ouverture, où une femme nue court dans la rue en faisant du stretching (scène coupée dans certaines versions).

D'autre part, le gore va très loin pour l'époque : énucléation, éventration, mutilations diverses : les personnages connaissent des morts particulièrement sadiques (l'infirmière qui se fait "pénétrer" par la main d'un zombie, qui en ressort un paquet de viscères).




En bref, "Le massacre des morts-vivants" mérite largement sa place parmi les grandes étapes du film de zombies, et anticipe la période italienne. D'ailleurs, Gianetto de Rossi est déjà présent à l'appel !

Devenu, comme beaucoup d'autres, rare en vidéo, ce film a tout de même bénéficié de diffusions dans nos contrées, et en version intégrale.






Fiche technique
Titre  • Le massacre des morts-vivants
("No profanar el sueno de los muertos", "the living dead at the manchester morgue", "Let sleeping corpses lie, "zombie 3" ... ) - 1974
Réalisation  • Jorge Grau
Production  • Edmondo Amati
Casting  • Christine Galbo (Edna)
 • Ray Lovelock (George)
 • Arthur Kennedy (l'inspecteur)
 • Aldo Massasso (Kinsey)
 • Giorgio Trestini (Craig)

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