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Silent Hill
Publié le 17/03/2007 par Dr Freudstein
Si l'attente a été longue, autant dire que Silent hill est bien l'adaptation tant espérée de la plus mythique des franchises vidéoludiques estampillées 'survival-horror' ...
... et ce, même si le film souffre de nombreux défauts et ne parvient jamais à retranscrire toute la puissance horrifique et l'intensité dramatique du soft.
Dès la séquence d'introduction, les personnages nous sont présentés affolés. On entend la mère crier avant même la première image, le père manque de se faire renverser par des camions, les adultes ne contrôlent rien, ils subissent la fatalité de leur situation. Aussi, cette séquence d'intro est magnifiée par la mise en scène de Gans, qui utilise avec virtuosité des mouvements de caméra fluides, dont la finalité est néanmoins la chute vertigineuse dans l'Abîme. Ainsi, on comprend que Silent Hill est avant tout un pur film de cinéma prenant toute sa dimension sur grand écran.
Mais c'est véritablement lors de l'arrivée dans "Silent Hill" que le film prend tout son sens, alors que Rose pénètre pour la première fois dans la ville maudite que les gamers ont si souvent arpenté.
Le brouillard, les décors désenchantés, les choix de mise en scène, les rythmiques indus discrètes ... tous les éléments sont là pour nous plonger dans la dimension alternative de Silent Hill, et nous faire ressentir la solitude terrifiante teintée de mélancolie, omniprésente dans le jeu. C'est vraiment lors du cheminement de Rose dans la ville et les endroits clés que le film atteint son objectif premier d'adaptation du soft. Mention à la séquence de l´école.
Alors maintenant, c'est clair que les séquences avec le mari tendent à légèrement plomber le rythme et à insister trop fortement sur certains points du scénario. Cependant, sa présence sera également au coeur des plus belles scènes du métrage ( Putain ! la séquence-clé de l'école est bouleversante ). Aussi, l'importance de sa présence sera soulignée une ultime fois dans un épilogue déchirant, prolongement de la séquence précédemment évoquée.
D'autre part, on pourrait à première vue déplorer une approche trop ludique de l'univers de Silent Hill, qui tend finalement à éliminer progressivement tous les mystères par le moyen d'une double enquête linéaire là où dans les jeux, persistait un fort sentiment d'incompréhension et de doute.
Il faudra donc attendre le dernier acte pour prendre toute la mesure de cette démarche, et comprendre que Gans et ses scénaristes ont fait un intéressant parallèle entre ce qui fait le coeur de l'intrigue dans la franchise vidéoludique et ce qui terrorise actuellement le monde, à savoir le fanatisme religieux. En effet, il fallait bien insister sur les exactions commises au nom d'une "foi aveugle" pour donner toute son ampleur au dantesque final !

D'ailleurs, le virulent monologue final de Rose est authentiquement le moment le plus intense du film, annonçant par là même le déferlement de violence qui va suivre ( encore une fois, la séquence prend toute son ampleur sur grand écran ! ).
Ainsi, là où les adaptations précédentes se révélaient foireuses parce qu'elles ne faisaient que reprendre des personnages clés, voire des morceaux de cinématiques au hasard, capitalisant à fond sur le titre d'une franchise; celle de Gans, en plus d'afficher un respect religieux pour les jeux qui nous explose aux rétines dans le moindre cadre, génère de nombreuses interrogations sur le fond : les pires "monstres" de Silent Hill ne seraient-ils pas finalement ceux qui ont le plus forme humaine ?
Cependant, il est certain que Silent Hill ne fait jamais vraiment peur, ce qui reste indéniablement le gros point négatif du film. Aussi, l'introduction du Pyramid Head est assez moyenne en comparaison de la mythique séquence de Silent Hill 2, véritable instant d'effroi à l'état pur. Mais Gans sera toutefois plus inspiré dans son choix de Radha Mitchell pour interpréter le personnage principal. Ainsi, on peut faire un intéressant parallèle avec le rôle qu'elle tenait dans l'hallucinant Man on Fire de Tony Scott, dans lequel elle incarnait également une mère qui perd sa fille dans un univers blindé de références bibliques, livrant par là même une prestation viscérale assez hallucinante ( mention à la crise de nerfs après la tentative foireuse de récupération de sa fille ). C'est ainsi clair qu'elle trouve dans Silent Hill une occasion d'approfondir son personnage maternel tout en livrant - comme à son habitude - une prestation d'une hallucinante puissance !
Pour conclure, nous pouvons donc dire que Gans vient nous prouver qu'une adaptation de jeu video pensée comme telle peut être réussie, même si Silent Hill n'est pas parfait. N'en reste pas moins un début intéressant, qui nous donne beaucoup d'espoir pour les futures adaptations de cette franchise si particulière.
Site Officiel
Trailer
Fiche technique
Titre  • Silent Hill (2006)
Réalisation  • Christophe Gans
Scénario  • Roger Avary, Christophe Gans, Nicolas Boukhrief
Casting  • Radha Mitchell (Rose Da Silva)
 • Sean Bean (Christopher Da Silva)
 • Laurie Holden (Cybil Bennett)
 • Deborah Unger (Dahlia Gillespie)
 • Kim Coates (l'officier Thomas Gucci)
 • Jodelle Ferland (Sharon/Alessa Gillespie)
Musique : Jeff Danna, Akira Yamaoka





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