Coin d'accueil
Envers et contre tous
Le miracle Del Toro
Votez VTN!
Décrochage de mâchoires
Le pavé dans la mare
Stephen King, un Magicien de l’étrange
Publié le 01/05/2007 par Caramia
Romans de gare ou classiques contemporains ? Les fans et les détracteurs n'en finissent pas de débattre... Faites-vous votre propre opinion sur le Maître de la terreur !


“L’étrange, ça n’existe pas simplement à l’extérieur. C’est en vous, en ce moment, cela grandit dans le noir comme des champignons magiques. Appelez ça la Chose de la Cave. Appelez ça le Facteur de Dégueulis. Appelez ça les Trompettes de la Folie. Moi, j’y pense comme à mon dinosaure personnel, une créature gigantesque, décharnée et stupide qui patauge dans les marais puants de mon inconscient et ne trouve jamais de puits à fossiles assez grands pour s’y réfugier”



Les romanciers qui éveillent le plus l’admiration sont souvent ceux qui parviennent à créer un monde cohérent et pérenne au fil de leurs œuvres… On parle souvent de Tolkien, qui a su imaginer un univers magique et enchanteur, pour le plus grand bonheur de ses contemporains et de chaque génération suivante. Il est indéniable que Stephen King fait partie du même cénacle. Oui, le mot n’est pas trop fort. Démonstration !

L'Auteur, avec une majuscule s'il vous plaît

Le Maine vu par le Maître (toujours la majuscule, important !)


Cet auteur, d’une productivité assez impressionnante – il a à son actif plus d’une quarantaine de romans et un nombre incroyable de nouvelles, sans compter que la plupart de ses œuvres sont relativement volumineuses, il confesse de lui-même souffrir de « diarrhée verbale » (quand on est poli on parle de logorrhée) – a su s’imposer comme un auteur incontournable de sa génération.

Il est le maître incontesté du genre, avec des perles comme Le Fléau, Ça, Les Tommyknockers, Le Talisman des Territoires

Ce qui enchante le plus dans son oeuvre est très certainement le fil croisé des personnages, des lieux, des situations qui décrivent une région du Maine imaginaire mais crédible.


Quel plus grand bonheur que de croiser dans plusieurs romans un personnage récurrent ou de retrouver une ville tellement bien imaginée qu’elle en devient réelle ?
A côté d'agglomérations bien réelles comme Bangor, Portland ou Augusta, Stephen King a créé ex-nihilo des villes où situer ses histoires.

La plus connue est très certainement Derry, qui sert de théâtre à de tragiques événements : le monstre assoiffé de peurs d’enfants dans Ça, le fils perdu et ressuscité de Simetierre, la douleur du deuil dans Sac d’Os et la mort dans Insomnie.

Castle Rock, autre ville importante dans la galaxie King, est citée dans Cujo, Dead Zone, La Part des Ténèbres, Bazaar, La petite fille qui aimait Tom Gordon, et un certain nombre de nouvelles (Le Corps, Le molosse surgi du Soleil, Le Camion d’oncle Otto, Nona, Mémé, Ça vous pousse dessus).

Dans le chapelet des cités imaginaires mais ô combien réalistes, citons encore Ludlow (Simetierre, Insomnie), Ogunquit (Le Fléau), Jerusalem’s Lot (Salem), Haven (Les Tommyknockers), Libertyville (Christine)...



La récurrence de certains personnages accentue encore le réalisme de l’univers King.

Le Shérif Georges Bannerman par exemple, qui apparaît dans Dead Zone et meurt dans Cujo, tout en faisant une apparition dans Le Corps et La Part des Ténèbres, sans oublier son successeur, le Shérif Allan Pangborn (La Part des Ténèbres, Bazaar), ainsi que le vieux et rusé Reginald « Pop » Merrill, présent dans Minuit 4 et cité dans Bazaar.

La maison du Génie, dans le Maine

Le panthéon des personnages de Stephen King est large et très présent : certains personnages apparaissent fugacement dans un roman, pour être ensuite plus développés dans d’autres. C’est ainsi que le discret Andy Dufresne, banquier dans une des nouvelles de Différentes Saisons (Un élève doué), se retrouve propulsé à la place de héros dans La Rédemption de Shawshank, une autre nouvelle du recueil. Au contraire, le chien meurtrier de Cujo se retrouvera cité de nombreuses fois par la suite : Simetierre et Le Corps.

Ça (It)

Comme tout écrivain qui se respecte, Stephen King a ses thèmes de prédilection. L’un d’entre eux, qu’il sait traiter avec brio, est l’enfance.
Dans Ça, une bande de jeune un peu paumés affrontent l’incarnation maléfique du Croque-Mitaine, un monstre qui se nourrit de la peur des enfants et se réveille tous les 27 ans pour s’offrir un festin de chair et d’émotions.
Ce roman est assez réaliste sur la description du monde de l’enfance, totalement invisible aux yeux des adultes.
Il emporte le lecteur au sein d’une magnifique épopée sur deux périodes, et présente une galerie de personnages très attachants. C’est à la fois une histoire qui fait peur, mais aussi une allégorie du passage à l’âge adulte. A lire absolument, car King n’est jamais aussi bon que lorsqu’il parle du passage à l’adolescence.

Son pote Pete (Peter Straub)

On retrouve ce thème dans un autre roman, Le Talisman des Territoires, co-écrit avec Peter Straub.
Ce roman retrace le parcours initiatique d’un jeune garçon, Jack, qui mène une quête d’est en ouest aux Etats-Unis pour sauver sa mère.
Là encore, au-delà de la magnifique histoire écrite à deux mains (ce qui est tout de même relativement rare en littérature), on assiste à la métamorphose d’un enfant en adolescent. C’est beau, c’est long, bref c’est à lire également. Les deux auteurs ont commis une suite il n’y a pas très longtemps (Territoires), mais honnêtement, passez votre chemin, la magie en a totalement disparu.
Pour revenir au thème de l’enfance, il est également présent dans de nombreuses nouvelles, dont Le Corps, qui n’est pas sans rappeler Ça ou La petite fille qui aimait Tom Gordon.

Mais Stephen King a d’autres démons, plus sombres, qui hantent son imagination.
De nombreux romans mettent en effet en scène des écrivains, parfois alcooliques (The Shining), parfois non, en panne d’inspiration (Sac d’Os), parfois cherchant à changer de catégorie (Misery). Il parle en connaissance de cause, puisqu’il a lui-même vécu ce genre de soucis - l’épisode est très développé dans son magnifique essai : Ecriture.

Il montre également l’importance qu’il accorde à sa famille, notamment à sa femme Tabitha, puisque très souvent, ses personnages masculins perdent l’être aimé (Bazaar, Simetierre, Dead Zone).

Ecriture, mémoires d'un métier (On writing : a memoir of the craft)

Richard Bachman, l'identité fictive de Stephen King

Comme tout écrivain qui se respecte, Stephen King est un être un peu torturé, un peu tortueux, bref un homme un peu bizarre, dont les questionnements transparaissent dans l’œuvre.

Le sujet de la création littéraire l’obsède, à un tel point qu’il s’est inspiré de sa vie pour écrire l’une des histoires les plus troublantes qui soient.
Vous le savez peut-être, il a publié de nombreux romans sous le nom de Richard Bachman : Rage en 1977, Marche ou Crève (1979), Chantier (1981), The Running Man (1982), La Peau sur les Os (1984).

Il tue son double fictif en 1985, révélant ainsi au grand jour sa double identité (il avait été jusqu’à publier des fausses photos de ce double littéraire). Une seconde nature ou presque, qui lui a permis d’écrire des romans plus sombres, plus noirs et bien plus brutaux qu’habituellement. Cette dualité, il va l’exploiter en 1989 dans La part des Ténèbres, en décrivant la soif de vengeance et l’implacable désir de vivre du pseudonyme d’un écrivain de renom. King rendossera l’identité de Bachman pour Les Régulateurs, publié en 1996, le roman miroir de Desolation.





Stephen King est très imaginatif et sait toujours nous surprendre… Il est capable de tout (du meilleur… comme du pire malheureusement, en témoignent ses adaptations télé), et il sait avant tout nous faire peur.
Avec des vampires, comme dans Salem, avec une vision désespérée et apocalyptique comme dans Le Fléau, avec des extra terrestres (Les Tommyknockers), des loups-garous (Peur Bleue), des gens normaux ou presque (Rage), mais aussi avec des contes (Les yeux du dragon) ou de la science-fiction (Running Man).

Stephen King tout jeunot dites-moi !

Bref un écrivain prolifique et imaginatif, qui sait comme personne raconter une histoire. Un conteur moderne, un romancier talentueux et reconnu… Un personnage incontournable dans la littérature américaine contemporaine.
Et vous savez quoi ? Bonne nouvelle ! Son nouveau roman, Lisey’s story, est paru le 24 octobre dernier aux USA (pour la France, il faudra patienter jusqu’en septembre 2007)… C’est-y pas de la bonne nouvelle ça ?

Le prochain...






Bibliographie (très) sélective



- Salem (Salem’s Lot – 1975)
- Shining, l’enfant lumière (The Shining – 1977)
- Rage (Rage – 1977 - écrit sous le pseudonyme Richard Bachman)
- Danse Macabre (Night Shift – 1978)
- Le Fléau (The Stand – 1978, réédité en version intégrale en 1990)
- Dead Zone – L’Accident (The Dead Zone - 1979)
- Cujo (Cujo – 1981)
- Chantier (Roadwork – 1981 - écrit sous le pseudonyme Richard Bachman)
- Running Man (The Running Man – 1982 / écrit sous le pseudonyme Richard Bachman)
- Différentes Saisons (Different Seasons - 1982)
- Christine (Christine – 1983)
- L’année du Loup-Garou / Peur Bleue (Cycle of the Werewolf – 1983)
- Simetierre (Pet Semetary – 1983)
- Les Yeux du Dragon (The Eyes of the Dragon – 1984)
- Le Talisman des Territoires (The Talisman – 1984 / écrit avec Peter Straub)
- La Peau sur les Os (Thinner – 1984 / écrit sous le pseudonyme Richard Bachman)
- Ça (It – 1986)
- Misery (Misery – 1987)
- Les Tommyknockers (The Tommyknockers – 1988)
- La Part des Ténèbres (The Dark Half – 1989)
- Minuit 2 / Minuit 4 (Four Past Midnight – 1990)
- Bazaar (Needful Things – 1991)
- Rêves et Cauchemars (Nightmares and Dreamscapes – 1993)
- Insomnie (Insomnia – 1994)
- Désolation (Desperation – 1996)
- Les Régulateurs (The Regulators – 1996 / écrit sous le pseudonyme Richard Bachman)
- Sac d’Os (Bag of Bones – 1998)
- La Petite Fille qui aimait Tom Gordon (The Girl who loved Tom Gordon – 1999)
- Ecriture : mémoires d’un métier (On Writing : A memoir of the Craft)
- Cellulaire (Cell – 2006)






Se connecter :

Login : 
Pass :  

S'inscrire ? 

Coin de noeuf dans...
Le pavé dans la mare
• L'Echiquier du Mal
• Jonathan Coe – Le sens de...
• Stephen King, un Magicien...
• Amélie Nothomb,...
• "800 questions"...
• Max Aub --- 'Crimes...
Votez canard!
 
Ajouter votre commentaire...

C'est vrai c'est impardonnable...   caramia le 19/06/2007 à 20:06

... je m'en vais de ce pas me flageller...

Doux jésus   raphaelB le 11/06/2007 à 11:06

Faire un article sur stephen king sans parler de la tour sombre...Son oeuvre la plus longue, la plus complexe et déroutante.

Pardonne-leur stephy, ils ne savent pas ce qu'ils font.

Blague à part si vous ne l'avez pas lue, il faut le faire, et vite.