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Le manoir de la terreur
Publié le 23/07/2007 par Mutilabominator
De la très grosse pointure dans la catégorie Zombie Craspec !



Le manoir de la terreur ......... (1980)



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d'Andrea Bianchi



"Zombie" et "L'enfer des zombies" sont sortis depuis peu, et le cinéma italien en profite un maximum, produisant des petits budgets mélangeant zombies et scènes gores dans la plus pure gratuité, uniquement pour satisfaire un public qui en demande toujours plus.

Cela a donné "La terreur des zombies", "La nuit fantastique des morts-vivants", "L'avion de l'apocalypse", "Virus cannibale"... des produits souvent maladroits, assurément bis, excessivement gores et érotiques.




En 1980, Andrea Bianchi (le giallo lui aussi très sanglant et pervers "Nue pour l'assassin") signe un pur produit de commande, "Le manoir de la terreur".
La confusion amenée par le "Zombi 2" de Lucio Fulci se poursuit davantage ici, le film de Bianchi étant régulièrement distribué sous le titre fantaisiste de "Zombie 3" (n'entretenant bien entendu aucun rapport avec le futur "Zombi 3" de Fulci). De multiples autres titres, comme "Zombi horror", verront le jour...

Le scénario est réduit à sa plus simple expression. Un professeur en archéologie découvre des vestiges du peuple étrusque dans la crypte du manoir où va s'installer l'intrigue. Il décrypte un terrifiant secret : les étrusques possédaient des pouvoirs magiques et pouvaient ressusciter les morts.


Evidemment, les coups de pioche du professeur réveillent les cadavres décomposés à outrance (du bricolage si tôt le matin, faut pas déconner, merde !).
Ce pauvre professeur (bien barbu) est donc la première victime d'une horde de zombies avides de chair humaine.


Trois couples bien crétins débarquent au manoir pour le week-end, sur une invitation du professeur, qui ne donne plus signe de vie. Le groupe est néanmoins accueilli par le majordome et la femme de chambre.
Après une première nuit plutôt tranquille (avec galipettes cochonnes à l'appui), les protagonistes débutent sans le savoir une journée d'horreur.







Les zombies surgissent de la crypte, du sol, et commencent à envahir la propriété, alors que nos valeureux héros fricotent dans le jardin qui s'étend à perte de vue (bel endroit !).
Ils ne tardent pas à être attaqués de tous les côtés, plusieurs d'entre eux étant dévorés à pleines dents, les viscères extirpées dans l'outrance générale.
Les rescapés se barricadent dans le manoir, les voitures étant encerclées par les morts-vivants.
La nuit tombe, le cauchemar commence pour de bon...
Très organisés, les zombies prennent outils, bélier, grimpent sur les murs pour défoncer les fenêtres...
Comme chez Romero et Fulci, il faut leur détruire le crâne pour les éliminer, et leur morsure est contagieuse.


"Le manoir de la terreur" accentue le côté malsain du thème, parvenant à supplanter les autres films du genre dans le domaine du mauvais goût, malgré des effets spéciaux grossiers et douteux, dûs à Gino de Rossi (rien à voir avec Gianetto de Rossi). Les tripes sont dévorées, les membres arrachés, les têtes éclatées à coups de pierres, les asticots surgissent des orbites putréfiés des cadavres ambulants ... Plusieurs séquences assez hallucinantes retiennent l'attention.

La femme de chambre, la nuit tombée, longe un couloir désert au premier étage du bâtiment. elle aperçoit avec frayeur une fenêtre encore ouverte. Alors qu'elle tend la main à l'extérieur pour refermer les volets, un zombie lance un énorme clou qui cloue sa main sur le bois...
Un autre mort-vivant très moche tend une faux monstrueuse et coupe la tête de notre pauvre victime hurlante.


L'horreur n'est pas finie : un autre personnage arrive, aperçoit au bout du couloir la bonne, penchée à la fenêtre ... Il s'approche et découvre soudain qu'elle n'a plus de tête.

Il ne voit de meilleure solution que de prendre le cadavre par les jambes et de le jeter dehors, afin de refermer la fenêtre.

Bien sûr, les zombies s'empressent de sauter sur le corps et de l'ouvrir avec gourmandise ...

Autre scène forte, la plus célèbre du film, est celle du sein de la mère arraché par son fils, devenu zombie. D'ailleurs, pour l'anecdote, le comédien qui incarne le gosse est Peter Bark, qui était alors âgé de vingt-cinq ans, son étrangeté physique le faisant facilement passer pour un jeune garçonnet. La censure italienne n'aurait pas autorisé à un mineur de jouer dans une oeuvre aussi abjecte.


De plus, les rapports mère-fils dans ce film sont incestueux, la mère ne comprenant pas la douceur excessive de son enfant, jusqu'à ce que ce dernier lui mette la main dans la culotte...
Peter Bark est décédé il y a d'ailleurs quelques années.







Malgré certaines images choquantes, le film ne peut éviter de plonger dans la nanardise. Les personnages sont non seulement stupides, mais les dialogues, peu aidés par un doublage français assez spectaculaire, sont d'une ringardise dévastatrice.

"Tu as l'air d'une vraie putain, mais c'est comme ça que tu m'excites", annonce fièrement un homme à sa belle, avant de commencer à la peloter sur le lit.

"Je suis le professeur", clame notre brave archéologue au zombie qui arrive devant lui. Visiblement, le déterré n'en à rien à battre ...

"- Mark, qu'est-ce que c'est ?
- Je ne sais pas. ça ressemble à un humain...
- J'ai peur, mark !
- Oh, quelle horreur, mon dieu, il est comme tout rongé par le temps !!".


Comme vous le voyez, le délire involontaire est de mise. Mais poursuivons la liste avec quelques autres répliques savoureuses.

"Occupes-toi un peu de moi, tu as toujours le nez dans tes paperasses", dit une jeune femme apparemment décidée à se faire caresser.

"Tu as raison, chérie !" lui répond son amant...

"Chérie, voyons, tu veux que tout le monde se moque de toi ?" demande un gus interloqué par le cauchemar prémonitoire de sa belle...



Exception faite des effets spéciaux, des masques servant de maquillages pour les zombies (avec authentiques vers), et des dialogues débiles à souhait, il reste le décor magnifique du manoir et de ses alentours. L'équipe de tournage a profité de ce lieu inhabité depuis longtemps pour y tourner une grande partie du métrage, à moindre coût. Aujourd'hui, l'endroit est transformé en hôtel (il se situe à une vingtaine de kilomètres de Rome). La musique aussi retient l'attention. exécutée par Elsio Mancuso et Burt Rexon, elle mixe avec efficacité sonorités électroniques et jazz, apportant une atmosphère réellement étrange et pessimiste.
Au final, "Le manoir de la terreur" s'avère un petit classique pour amateurs de bis et de films de zombies. Le rythme est soutenu, les cadavres en putréfaction nombreux, l'apparence de ces derniers est superbe (ils sont vraiment affreux ces monsieurs).
Tous les défauts apportent un charme certain à cette petite perle du cinéma bis. Le résultat n'est donc pas si catastrophique que ça, de toute manière le film remporta lui aussi, comme ses congénères, un grand succès de par le monde, notamment au japon.


En France, il fut disponible en vidéo en version complète, dans plusieurs éditions. Les multiples vidéocassettes distribuées ont semé une grosse confusion lorsque carrère vidéo nomma le film "Zombi horror". il faut dire que Casa vidéo distribua un autre "Zombi horror", reprenant au dos de sa jaquette le résumé du film de Bianchi, mais en mettant "Zombie island massacre" (un film Troma) sur la cassette. Scherzo vidéo productions poursuivit dans le malentendu en ressortant le film de la firme Troma, mais cette fois en reprenant l'intégralité du jaquettage original du film de Bianchi, provenant de l'édition Carrère...
Sans compter que Scherzo édita également sous le même emballage le film de Bianchi !
Désormais, les vhs du film sont extrêmement rares.



Quant au dvd, il vint tardivement, mais, grâce au soin de Néo-publishing, le film connut une nouvelle jeunesse, étant sorti dans une très jolie édition, à l'emballage réussi, le tout accompagné de bonus complétant bien le produit (et supplantant les éditions dvd étrangères sorties avant).





..................................................................................................La version Neo-publishing =>





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TRAILER




Fiche technique
Titre  • "Le manoir de la terreur" (aka "Burial Ground", "The Nights of Terror", "Le Notti del terrore", "The Zombie Dead", "Zombie 3", "Zombie Horror " ... ) - (1981)
Réalisation  • Andrea Bianchi
Casting  • Karin Well (Janet)
 • Gianluigi Chirizzi (Mark)
 • Simone Mattioli (James)
 • Antonella Antinori (Leslie)
 • Roberto Caporali (George)
 • Peter Bark (Michael)






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