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Ol'Dirty Bastard - "Return To The 36 Chambers" ...
Publié le 26/10/2007 par Killafornia
Return To The 36 Chambers (The dirty version), 1er album solo de OBD et déja un méchant high-kick asséné à ses poursuivants.
Ol'Dirty Bastard


"Return To The 36 Chambers :
The Dirty Version"



S'il fut plutôt connu par la police pour ses différentes frasques, Ol’Dirty Bastard restera l’un des artistes Hip-Hop les plus charismatiques et les plus talentueux.

En effet, déjà fondateur du Wu-Tang Clan avec l’aide de ses cousins The RZA et GZA The Genius, il va alors dévoiler l’étendue de sa folie sur son premier album solo, qui est aussi le second solo d’un membre du Wu-Tang, intitulé "Return To The 36 Chambers : The Dirty Version".





En 1995, Method Man avait déjà bénéficié d’un album d’une noirceur difficilement comparable, Raekwon The Chief, lui, s’apprêtait à lancer le genre Mafioso Rap quelques mois plus tard et GZA allait bientôt sortir le meilleur premier solo d’un membre du Wu-Tang. Il restait alors au Drunken Master le soin de pondre un nouvel album d’une originalité sans précédent.

Ol’Dirty Bastard représente sûrement le mieux cet aspect je m’en foutiste propre au Wu-Tang Clan. Du haut de son timbre de voix déjà particulier, il allie rap et chant à merveille. Mais voila, là où ODB se démarque, c’est qu’il chante à la manière du vieux clochard alcoolique et camé qu’on croise dans la rue, ce qui accentue sa démence et confère à l’auditeur d’étranges sensations à chacune de ses apparitions.


En plus d’être un des rappeurs les plus décalé, le vieux bâtard puant est un artiste complet car lorsqu’il ne rappe pas, il touche aux manettes et produit. Il était déjà le co-producteur exécutif sur la cultissime "Da Mystery Of Chessboxin’ " présente sur "Enter the Wu-Tang (36 Chambers)" du mythique crew de Staten Island, ce qui ne pouvait qu’assurer des productions de qualité pour son premier opus.


A rappeur déjanté, pochette déjantée. La carte d’identité du rappeur (fausse bien entendu puisque celle-ci étant délivrée dans le Brooklyn Zoo et indiquant les spécificités requises d’un cd) sert de pochette à l’album. "Return To The 36 Chambers : The Dirty Version" s’inscrit dans la continuité, comme le veut le titre, de l’album du Wu-Tang Clan.

Ainsi les différentes productions assurées par Ol' Dirty Bastard lui même, True Master, The RZA, Ethan Ryman & Big Dore se veulent comme un ensemble de plusieurs ambiances. On retrouve bien entendu ce côté Shaolin ainsi que celui "Dirty" totalement crade propre à ODB mais aussi bien souvent une étrange poésie ressortant des innombrables notes de piano présentes sur le cd.


L’ "intro" refait bien sortir ce mix, commençant par un discours introductif de Russel Jones, suivit d’un chant accompagné de quelques notes de piano pour arriver à un dialogue entre Gordon Liu et l’un des moines shaolin de "La 36ème chambre de Shaolin" (Liu Chia-Liang, 1978), on ressent déjà les inspirations et on se laisse vite envahir par l’atmosphère de l’album.





S’ensuit "Shimmy Shimmy Ya", l’un de ces titres les plus connu et qui sample "Hip-Hug-Her" de Booker T. & the MG's, "I Like It" d’ Emotions, "Knocks Me Off My Feet" de Stevie Wonder et "Have Your Ass Home by – 11:00" de Richard Pryor. Ce son est à juste titre reconnu comme l’un de ses meilleurs du fait de sa majestuosité. Ol’Dirty déchire complètement le beat, pourtant très bon, de son flow aiguisé et livre l’une de ses meilleures prestations. Pas de doute, l’album commence très fort.


"Baby C’mon" fait la part belle au chant dans ses premières notes, le son se veut moins agressif tout en gardant une certaine démesure et aurait très bien put se trouver sur l’album du groupe du fait de sa noirceur et de son côté shaolin ainsi que de ses quelques notes de basses qui introduiront aussi "Brooklyn Zoo", le meilleur morceau d’Ol’Dirty Bastard en solo, représentant son mode de vie, sa philosophie et sa ville. Ça arrache sec le beat et c’est totalement jouissif.


“Shame on you, when you step through to the Ol' Dirty Bastard, Brooklyn Zoo!” Ol'Dirty Bastard - Brooklyn Zoo


"Hippa To Da Hoppa" est un son plutôt calme où se côtoient divers instruments tels le piano, la guitare ainsi que la batterie et met en avant un Ol’Dirty Bastard plus calme qu’à l’accoutumée. "Raw Hide" convie ses confrères Raekwon et Method Man pour un son psychotique opposant efficacement les trois styles des différents mc’s.


"Damage" invite le cousin GZA pour un très bon son bien rythmé ou posent avec une certaine fluidité d’un côté un Genius toujours aussi perfectionniste et de l’autre un Ol’Dirty Bastard toujours aussi faussement brouillon. Deux styles que tout opposent mais qui réussissent à créer une vraie alchimie entre eux. "Don’t U Know" sample efficacement "Ain't No Sunshine" de Lyn Collins et permet à Dirt McGirt (son dernier aka) de parfaire son chant, le tout accompagné du jadis tout jeune Killah Priest. "The Stomp" et "Going down" s’inscrivent dans la même veine que le titre précédent et recèlent de phrases egotrip coutumières au mc.

“I am the U-N-I, The Q-U-E, the G to the O-D
I said I go by the unforgettable name of the man called Unique G
Well, my name is known all over the world
To the foxy ladies and the pretty girls
I go down in history
As the baddest brother that ever could be”

Ol'Dirty Bastard - "Goin' Down"

C’est sur un beat totalement planant et reposant que viennent se greffer les paroles d’ivrogne d’Ol’Dirty Bastard pour le titre "Drunken Game (Sweet Sugar Pie)". Contrairement aux autres membres du Wu-Tang Clan, l’album contient beaucoup de solo, ce qui n’empêche pas quelques morceaux de receler du featuring de renom. C’est à ce titre qu’intervient la très shaolin "Snakes" en feat avec Killah Priest, The RZA, Masta Killa & Buddha Monk, le propre frère du rappeur le plus déjanté de la planète.

Les flows tranchent net la production très dark, samplant "I'll Never Do You Wrong" et "Papa Was Too" de Joe Tex et se succèdent avec brio. Le second sample fut même utilisé dans sa version live pour le titre "Meth Vs Chef" sur l’album de Method Man. "Brooklyn Zoo II (Tiger Crane)" voit se greffer l’ami Ghostface Killah pour l’un des titres les plus féroces et efficace de l’album.

En effet, les deux mc ont la rage et cela se ressent. "Protect Ya Neck II The Zoo" est l’un de ses titres où se succèdent un tas de mc. Sont conviés Buddha Monk, Prodigal Sunn, Zu Keeper, Murdoc, Killah Priest, 12 O'Clock, Shorty Shit Stain et 60 Second Assassin pour un son à la mémoire du Brooklyn Zoo. Inutile de préciser que ca décapote.


“Rhymes is rugged like burnt buildings in Harlem
The Ol Dirty Bastard from the Temple of Shaolin
Dirty to the brain like drops of acid rain
Clang, clang, clang, rhymes pluckin at your brain”

Ol'Dirty Bastard - "Cuttin'Headz" (Feat. The RZA)
"Cuttin' Headz" voit le second cousin d’ODB, The RZA, débarqué pour un duo.

Les flows gravitent mélodieusement autour de quelques notes de piano et coups de batteries provenant de "Synthetic Substitution" de Melvin Bliss.

"Dirty Dancin’" déçoit assez mais se révèle ètre la seule erreur de parcours du disque.

Les délires du bâtard sont bien là, Method Man pose tranquillement, peut-être même trop mais l’ensemble ne décolle jamais assez et fait qu’on accroche pas au son. "Harlem World" vient terminer l’album et fait éclater le dernier neurone qu’il nous restait après son écoute.


Le son vient conclure de manière plutôt calme ce qui se révèle comme le meilleur essais d’Ol’Dirty Bastard qui portait définitivement a la perfection son surnom d’ A Son Unique. Un artiste incomparable, totalement barré et unique dans son genre à qui ont ne peut s’empêcher de poser un rest in peace.






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