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 | Sonotones et klaxons KoRn - "Life is peachy" Publié le 18/09/2007 par Makabe | | 1996... Véritable tsunami de brûlots sonores, 'Life is peachy' renverse le Rock avec son Catharsis-metal totalement furibard! |
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Un rideau obscur.
Un enfant se regarde dans un miroir et se voit de l’autre coté. Une ombre menaçante plane au dessus de son reflet. Son adverse. Son antithèse. Son futur. La vie c’est chouette. …
Pom !
Pom !
Pom !
Au lever du rideau, tous les personnages sont déjà sur scène. Dans un décor qui se rapproche de celui d’un studio. Celui de l’Indigo Ranch. Ils discutent, se regardent, jouent d’un d’instrument, boivent une bière.
Le prologue sort de l’anonymat et s’avance.
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Voilà. Ces personnages vont vous jouer les morceaux d’un album. Tous les hurlements de douleur qui vont en découler viennent de ce petit gars. Jonathan, c’est son nom. Il ne dit rien et regarde en direction d’une feuille sur laquelle des idées laissent leurs empreintes. Depuis la sortie du premier disque, ce jeune maigrichon noiraud et renfermé a du mal à se faire à toute cette popularité soudaine. Il a une très grande gratitude pour tout ceux qui l’ont aidé et soutenu, mais tout cela le rend mal à l’aise.
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Affalé sur le canapé, la main droite tenant une bière, l’autre tenant ses parties génitales, c’est Fieldy.
Il a l’air détendu.
C’est un grand stressé d’habitude, mais là, il est heureux.
Son groupe, KoRn, fait un triomphe et en plus de ça il continue de jouer l’une de ses passions : le hip-hop… Guitares heaviesque aux notes dépressives, chant d’une fureur mélancolique, rythmique frénétique réglée comme du papier à musique … On ne dirait pas au premier coup d’oreille et pourtant le groove du hip-hop est bien là. Sa basse, son instrument de prédilection, en est le prophète. |
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Une basse distendue à l’effet radical, similaire à celui d’un coup de trique.
A côté des amplis, se sont Munky et Head. Ils titillent leurs sept cordes. Les vibrations qui s’en échappent sont celles de "Epic" de Faith No More… Source d’inspiration des deux compères. Par moment ils improvisent quelques mélodies pesantes espérant que la muse des Ibanez fasse le reste du travail…
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Reste enfin le plus jeune à la carrure d’Apollon. David, le batteur. C’est grâce à son entêtement qu’il a rejoint les autres. Un jour, alors qu’il avait à peine 13 années, il prit connaissance du groupe de Fieldy. Dès ce moment précis il n’a pas arrêté de le harceler pour intégrer le Love And Peace Dude. Personne n’a jamais compris pourquoi mais, au bout d’un certain temps, Fieldy a levé, avec étonnement, ses yeux globuleux sur lui et il lui a dit « oui ». Ainsi ce moment fut gravé dans son esprit et David resta lié depuis lors avec Fieldy, Head et Munky.
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Cet homme robuste, le cigare au bord des lèvres, le cheveu gras, qui observe là, tout près de Jonathan, l’évolution de son porte monnaie, c’est Happy Walters. C’est le grand gourou d’Immortal Records. Sans KoRn, il ne serait rien. Sans KoRn, le label serait actuellement au fin fond de l’oubli. Il leur doit beaucoup…
Enfin cet homme tapi dans l’ombre de Jonathan, c’est Ross Robinson. Architecte et psychologue à ses heures perdues. Il a su réveiller la bête tourmentée qui dormait au plus profond de Jonathan. Tout à l’heure, de la même manière que sur le premier album, il va encore assurer son rôle de producteur et d’exorciste.
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Quasiment deux années se sont écoulées après la sortie de l’éponyme qui donna naissance au Neo-métal. Deux ans riches en émotions.
Des hordes et des hordes de KoRnKids se sont rués dans les salles de concert pour les acclamer, les idolâtrer. Dans les débuts, en 1995, ils avaient pour mission de chauffer les salles en tant que première partie de groupes tels que Megadeth ou Ozzy Osbourne.
Cette même année fut marquée par la naissance de Nathan Davis, le fils de Jonathan.
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Heureux évènement qui donna un court repos au groupe. S’ensuit une tournée mémorable sur l’ancien continent puis dans leur pays d’origine. Octobre 96 annonça la fin de cette longue et épuisante série de prestations. Fatigués, sous pression, les cinq Bakersfield doivent déjà se remettre au travail pour donner un héritier digne de ce nom au premier album… Ils sont contraints de le faire. Ils le savent très bien… Ils sont liés par un pacte de sang avec Happy Walters.
C’est donc dans la hâte, un 15 Octobre 1996, que naquît ce nouveau déferlement de furie névrotique.
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"Life is peachy", nommé ironiquement ainsi à cause des évènements récents, débute sur une discordance de borborygmes dont les proches cousins sont certainement le ragga dancehall et le hip-hop. Une entrée en matière fracassante. "Twist" est aussi surprenant qu’énigmatique. Un moyen éloquent pour exprimer les sentiments les plus confus de Jonathan. Pour lui, certaines émotions n’ont aucunement besoin de mots afin d’être extériorisées.
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En résulte les mélodies à thèmes. La dépendance et les excès en tout genre reprennent légitimement leurs droits dans le royaume KoRnien. Ainsi le puissant "Chi", intitulé dès lors d’après le bassiste de Deftones, Chi Cheng, dénonce la lâcheté des alcooliques et des junkies.
La drogue et l’alcool étant leurs seuls moyens de fuir la réalité et les problèmes qu’elle engendre. Les refrains inquiétants de "Swallow" décrient encore une fois les effets hallucinatoires et les conséquences de ses consommations excessives. La paranoïa, la peur ou bien le chagrin étant les facteurs de la descente aux enfers de Jonathan. |
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Reste "Mr Rogers" et son angoissante intro où les méfaits juvéniles d’une émission de télé transforment les enfants en de véritables accros du tube cathodique. Dépendant à une époque de cette émission, nommé « Mr Rogers », Jonathan méprisait l’animateur mais ce dernier l’obsédait jour et nuit. Regarder en boucle les émissions enregistrées était la seule chose à faire pour calmer ses ardeurs.
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Les femmes et le plaisir de la chair sont une nouvelle fois évoqués, sous forme de messages ou de confessions.
Le psychédélique "K@#0%", à comprendre « Kunt », est directement dédié à toutes les femmes qu’a pu rencontrer Jonathan durant sa vie.
La déclaration d’amour est claire.
Il les hait au plus haut point et c’est avec sa plume favorite qu’il va signer sa lettre : l’insulte.
Elles lui ont fait mal, elles vont maintenant le regretter.
Tant de rancœurs malgré son obsession pour le sexe.
Tous les jours il rêve de sexe et il le crie librement sur le titre portant le nom de la célèbre marque de sportswear : "A.D.I.D.A.S", l’alter ego du dicton « Un trou est un trou », « la bite n’a pas d’œil ». Sous ses airs de bad trip, l’entracte musical qu’est "Porno Creep" insiste aussi sur cette obnubilation sexuelle.
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"Good God" et "Lost" laissent penser que l’amitié n'est parfois qu’un simple vice voire une illusion blessante. Les chants imbibés de haine de "Good God" racontent l’une de ses amitiés. Une relation compliquée qui a ruiné pendant un temps l’existence de Jonathan. Une fréquentation où sincérité, amour et confiance riment avec mensonge, amertume et manipulation. Quant à "Lost" il y relate une amitié perdue, déchirée par une femme. Son ami le laissant pour cette dernière. La fin du morceau se traduit par une confusion totale de Jonathan entre un sentiment de trahison et de manque.
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De nouveaux thèmes attirent l’attention, comme par exemple cette popularité difficilement gérable pour les membres du groupes. C’est ce que narre "No place to hide". Un succès soudain alors qu’à la même heure où ce deuxième album est en train de voir le jour, le groupe a encore du mal à y croire. En plus de cette prospérité instantanée, s’ajoute l’énorme pression venant de la maison de disque et des fans. "Ass itch" et ses colériques dernières minutes sont le résultat de cette pression.
Mais "Life is peachy" n’est pas seulement un recueil de mal être. Même si l’originalité n’est pas au rendez-vous, KoRn a su évoluer dans sa conception musicale. Alors que le premier enfant de KoRn jouait continuellement la carte de l’intensité et de l’émotion, ce deuxième album offre de courts répits. Deux reprises assurent ces rôles.
D’un côté, "Wicked", une chanson d’Ice Cube, littéralement possédée par le diable avec Chino Moreno de Deftones en feat. De l’autre, "Lowrider", un morceau de War, ou la cornemuse de Jonathan ne fait qu’un avec le chant de Head en dépit du manque de sérieux de ce dernier lors de son enregistrement.
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Chez la famille KoRn, il y a une tradition qui veut qu’un album se clôture par le morceau le plus émotionnel. Après un "Daddy" éprouvant, place à un "Kill You" tout aussi douloureux. Une confession de plus pour le jeune Jonathan. "Kill You" parle de la créature la plus horrible qu’il a pu rencontrer : sa belle-mère.
Une femme détestable dont l'objectif majeur était de gâcher sa vie. Devant son père, celle-ci se comportait tel une mère… Mais lorsqu’il avait le dos tourné, elle ne pouvait s’empêcher de déverser sa haine sur l’enfant qu’était Jonathan. Son seul échappatoire se trouvait dans les rêves. Des rêves nécrophiles où il la tuait tout en lui faisant l’amour sauvagement. Pour lui faire part de ce qu’il ressent envers elle, Jonathan a écrit cette chanson et filmé, par la même occasion, son enregistrement en studio comme on peut le voir dans le documentaire "Who then now ?".
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Au milieu de toute cette tristesse, il sera toujours sûr d’une chose… Elle ne remplacera jamais sa mère… Il ne l’aimera jamais… Il ne fera que la détester jusqu’à la fin de ses jours…
Et maintenant que vous les connaissez tous, ils vont pouvoir vous jouer les titres de ce "Life is Peachy". Des morceaux intimes à la fois crispés et détendus et au son lourd et chaotique.
Laissez-vous envahir par KoRn et profitez du spectacle.
LET’S FUCKIN’ ROCK !!!
Le prologue disparaît rapidement dans les ténèbres et laisse place aux borborygmes…
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Chronique de l'album "KoRn" => ICI
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Chronique de l'album "Follow the leader" => ICI
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Chronique de l'album "Issues" =>ICI
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