Coin d'accueil
Envers et contre tous
Le miracle Del Toro
Votez VTN!
Décrochage de mâchoires
Sonotones et klaxons
KoRn - "Follow the leader"
Publié le 07/11/2007 par Makabe
1998... Halte aux vociferes chaotiques et douloureux... KoRn ranime la flamme du Néo avec un nouveau flow plus incisif que jamais... Le leader reprend enfin son trône.











Indubitablement l’apôtre d’un Néo-métal coupé à vif, KoRn a su en l’espace de deux galettes s’imposer sur la scène métallique des chevelus en mal de headbanging. Ce cocktail étonnant de Hip-Hop et de Heavy métal torturé a réussi à rassembler une armée innombrable de KoRnKids...

Après quatre longues années de travail en studio et de scène à ne plus en compter, KoRn fait une rétrospective de sa carrière et décide de prendre un nouveau tournant.
L’heure est au changement…
L’heure est à l’évolution…
Le leader est en marche…




« … Attention à tous les parents !!!...
… Reportez-vous à votre médecin !!! ...
… Reportez-vous à votre église !!! ...
… Reportez-vous à votre bureau de police !!! ...
… Ca va saigner !!! ... »

La métamorphose est radicale et surprenante.
Exit les visages blafards et les garages miteux… Place aux projecteurs et aux sourires crispés.

Grosse production, campagne de promotion (la sulfureuse KoRn Kampaign destinée à la rencontre des fans), imagerie revue (moins glauque, moins "transcendante", penchée Hip-Hop orgueilleux,…) … Bref, on aura vite fait de montrer du doigt l’aspect dit "commercial et pompeux" du groupe.


Mais les apparences sont parfois trompeuses…
N’y allons pas par quatre chemins !

"Follow the Leader" est tout simplement une parfaite synthèse entre le 1er et 2nd degré. Un album en grande partie sarcastique et autodérisoire sur une carrière exemplaire.
Ce qui, à la base, devait ressembler à une légère pluie rafraîchissante au lever du soleil, se trouve être en réalité des postillons déguisés en paillettes.

Un disque certes extérieurement plus "accessible", mais tout aussi raffiné que ses prédécesseurs.









Flash-Back obligatoire avant d’entrer dans le vif du sujet.

Nous sommes au festival du Lollapalooza durant l’été 97 et KoRn doit brusquement annuler les dernières dates du "Life is Peachy Tour". Munky, l’un des disciples du manche à sept cordes, chope malencontreusement une méningite. Incapable d’assurer les prestations suivantes, et n’ayant aucun remplaçant sous la main, KoRn se voit dans l’obligation d’arrêter la tournée.

Depuis Décembre 96, le quintet enchaîne les concerts mémorables et frénétiques, aux côtés de groupes comme Limp Bizkit, The Urge, Incubus ou encore des Four Horsemen de Metallica… De quoi bien foutre la pression en plus de l’acharnement incessant de la maison de disque qui les pousse à être plus "productifs". Une fatigue donc, signe avant-coureur, physique mais aussi morale.
Une mi-temps bien méritée qui va les pousser à faire une mise au point sur les événements ultérieurs à l’année 1994. Le constat est vite déposé. Va falloir se bouger et se retirer les doigts du cul !


18 Août 1998… Le résumé d’une carrière sort dans les bacs. L’album, bien que les ventes explosent, choque, divise et beaucoup ont du mal à comprendre l’état d’esprit de ce revirement.





Spawn by McFarlane



A commencer par la pochette, réalisée par le papa de Spawn, Todd McFarlane, et son collaborateur, Greg Capullo.
Une petite fille, habillée d’une robe rouge clinquant, joue à la marelle. Elle est au bord d’un précipice. Elle est suivie par une meute d’enfants. Ils sont tous sur le qui-vive prêts à jouer à leur tour. Ils ne font que suivre une meneuse de jeu…

… Et c’est là que le titre de l’album prête à confusion. Loin d’être destiné aux KoRnKids, le patronyme "Follow the Leader" n’est qu’un subterfuge pour désigner les moutons de Panurge qui essaient inlassablement de surfer sur la vague du Néo-Métal. Le son névrotique édifié par les cinq Californiens est devenu le genre du moment en cette fin de millénaire. Des clones pré-pubères, caricaturant les bases du Néo-Métal, font leur apparition, et les maisons de disque qui les soutiennent exploitent à fond le filon.

A lui tout seul, le livret de l’album affiche clairement les thèmes abordés dans ce troisième opus : l’industrie de la musique (le titre "Follow The Leader" et le tag "The firm", groupe de management qui gère les sous de KoRn), la famille (les différents groupes tagués sur les murs et le graffiti "Family" au sol), la pression (matérialisée par un Jonathan ligoté), le sexe, l’alcool et les femmes (les photos à caractère érotique, les restes d’une fête) et bien sûr, l’enfance, l’adolescence (la petite fille assistant à la scène, la cover).








S’ensuit la transformation de la production. L’homme de l’ombre, Ross Robinson, est gentiment remercié par KoRn et quitte le navire avec quelques regrets (le fait que KoRn possède le statut de Rockstar ne lui plaît pas). Un mal pour un bien pour ce dernier, puisque la notoriété qu’il a obtenu va lui permettre de travailler avec beaucoup plus de groupes. Malheureusement, quelques années plus tard, il ira cracher, par l’intermédiaire des médias, sur les Bakersfields et leur succès.

C’est Toby Wright (Alice in Chains, Slayer) qui escamotera la place de ce cher Robinson.
Ce remplacement va avoir de grosses répercussions sur le son de KoRn et la structure de l’album.
Une sonorité légèrement différente avec une ligne de basse mise en avant, accentuant le côté Hip-Hop et groovy des morceaux, et un chant mélodique à l’opposé des cris nerveux des deux premiers albums. Le disque comporte 13 chansons (14 avec la piste cachée) dont 3 sont des feat et une, une reprise.





"Follow the Leader" débute seulement à la treizième piste.
"It’s on" ouvre le bal et c’est avec un texte personnel que KoRn prouve que "Follow the Leader" ne déroge pas aux grandes traditions.
KoRn reste KoRn. Il en est de même pour la musique.

Des guitares toujours aussi lourdes et inquiétantes accompagnées d’une rythmique digne de ce nom.

Jonathan ne vocifère plus, il chante. Il y expose encore une fois son mal-être sous forme de confessions ou de regrets.
Déjà dévoilé dans "Life is Peachy", Jonathan Davis persiste et signe que la pression n’arrange pas son état « moral ».

Le « It's time to die. Is that what I want ? » de l’énergétique et effrayant "B.B.K", qui se traduit par «Big Black Kock» (je vous laisse le plaisir de traduire), affirme la présence persistante de la mort dans la vie du frontman.

La pression étant tellement insupportable que l’idée du suicide lui passait souvent par la tête. Seul échappatoire, l’alcool, le sexe opposé et la poudre à Perlinpinpin. En clair… La fête.



"It’s on" est justement une description chaotique de l’une de ses soirées. Ainsi « Come on ! It’s on ! » personnifie les amis de Jon l’incitant à faire la fiesta. Chaque réunion se finit dans un état second où Jonathan se retrouve complètement bourré et déchiré. Une sensation qu’il décrit comme étant des anges qui le poignardent de l’intérieur : « Now see it's my fault, angels stabbing me inside. ».
Reste, cependant, une partie de lui-même accrochée à la réalité, consciente que tout ceci ne sert à rien « Nothing changes, just rearranges, for me this time. ».


Le hit "Freak on a leash" prend le relais. L’ironie entre en scène et se place aux côtés de la critique. Ici, il n’est plus question de texte profond mais de blâmes cinglants contre l’industrie de la musique. "Freak on a leash" est loin d’être un titre éphémère, il représente à lui tout seul l’état actuel de KoRn : une bête enragée tenue en laisse par une maison de disque avide de pouvoir.

Le clip, qui a gagné plusieurs prix, est aux antipodes de la chanson et montre tout ce qui a fait le succès du groupe. Le clip du deuxième single, "Got the life", continue sur cette même lancée en réprimandant les nombreux producteurs qui exploitent leur sonorité. Etiqueté "Rock star", le son de KoRn est devenu une vraie mine d’or pour les petites formations en quête de gloire.





Et Jonathan Davis va d’ailleurs jouer avec cette étiquette afin de manifester son mécontentement par l’intermédiaire de la mégalomanie.

Il va se la jouer Elton John et commander à Adidas et Puma, deux marques qui les sponsorisent, les fameux «drag-suit».

Jon délaisse ses survêts classique d’Adidas en vue de les échanger contre des survêtement aux couleurs flashy et pailletées.

Des déguisements qui ne passeront pas inaperçus et qui accentueront, par la même occasion, son côté "homosexuel", comme il l’aborde sur "Reclaim my place".

L’album démarre après un long silence et ce n’est pas par hasard, si ce n’est que par vanité (histoire de superstition).

Attention ! Les drags-suit ça pique les nieux !



L’auto dérision atteint son summum avec "All in the family", où Fred Durst, de Limp Bizkit, et Jonathan s’insultent à tour de rôle afin de parodier le leader du Néo et sa troupe. Le dialogue est mené en grande partie par Durst. Il ne prend pas de pincettes pour cracher sur son interlocuteur. Il ira jusqu'à comparer Davis à Austin Powers (Fred : « ...You little fairy, smelling all your flowers. Nappy hairy chest, look it's Austin Powers! », Jon : « Yeah ! Baby ! ») ou encore se moquer de KoRn (Fred : «Too bad I got your beans in my bag, stuck-up sucka', Korny motherfucka' » ... «You best step back, Korn on the cob, you need a new job. »). Bourré de références, les deux compères n’arrêtent pas de faire allusion aux chansons qu’ils ont interprétées.

Dès lors, on peut les entendre évoquer "No Place To Hide" (Fred: « I hear ya tweetin' on them fag-pipes clod, but you said it best, there's No Place To Hide. »), "Shoot & Ladders" (Fred : « You pumpkin pie, I'll jack-off in your eye. Climbing shoots and ladders, while your ego shatters. ») ou bien "Kill You" (Fred : « It's just too bad your father's mad, your mother's now your lover. »).



Jonathan l’injurie lui aussi en se foutant de ses origines (Jon : «Come on hillbilly, can your horse do a fuckin' wheelie ? You love it down south, and boy, you sure do got a purdy mouth. ») mais surtout en qualifiant Limp Bizkit comme étant l’un des enfants qui suit sans cesse les traces du véritable meneur (Jon : « Fred Durst needs to rehearse, needs to reverse what he's saying. Wannabe funk joke is what you're playin', rippin' up a bad counterfeit, fakin'! »).

Le choix de "Earache my eyes" en tant que reprise n’est pas innocent. Fieldy, qui est à la place de Jon et lui-même à la place de David Silveria, achève de façon explicite l’album avec un morceau moqueur, tournant autour de la machine à fric qu’est KoRn (Fieldy : « Cause I'm a big rock star, and I make lots of money. Money… Money… Money ! Are you talking petsos? Money, ka ching, Ha, ha, ha! Lots of money! I'm so bloody rich ... »)



Les coutumes KoRniennes gardent une place importante dans l’univers de "Follow the Leader" comme l’imagerie omniprésente de l’enfance.






"Children of the KoRn", avec en feat Ice Cube, parle de la sombre période de l’adolescence. Un retour aux sources avec une pointe d’originalité. "Children of the KoRn"… Voici le véritable titre de l’album. Un titre incontestablement dédié aux fans hardcore et surtout à ceux qui se voient à travers les textes de Jonathan Davis.
"Seed" continue dans la lignée, avec une composition schizophrène vouée à son fils Nathan. Il y décrit sa jalousie envers sa progéniture (« Every time, god damn, I look at my son, I see something I can't be. ») mais surtout envers son innocence ( « So I see this face so innocent and fine... and so fine. So I see this face and I realize it's mine. »).

Restent "Justin" et "Pretty", sans conteste les plus durs à écouter. "Justin" relate l’histoire d’un petit garçon en phase terminale dont la dernière volonté était de rencontrer les Bakersfields.



Enormément touché par cette rencontre, Jonathan, assisté de Justin, a écrit ce morceau afin de l’accompagner dignement dans sa mort (« Take, up in space. You and I. »).

"Pretty" est loin d’être aussi mélancolique, puisqu’elle narre un horrible fait divers. Alors qu’il travaillait encore à la morgue, Davis a vu passer sous ses yeux une fillette âgée de 11 mois, violée, les jambes explosées et le visage défiguré. L’auteur était son propre père et c’est justement à lui que "Pretty" est destiné. Le but étant, que tout le monde connaisse ses actes et particulièrement qu’il se noie dans ses regrets.






La drogue, le sexe, l’argent, l’enfance,… Les thèmes deviennent de plus en plus nombreux. S’ajoute à la liste celui de la famille. "Dead bodies everywhere" joue le rôle du père. Jon y raconte l’attention particulière de ses parents qui essayaient de l’éloigner de la musique. Aujourd’hui, il comprend sa douleur et fait de même avec son fils Nathan.

Quant aux deux dernières pistes, "Cameltosis", Tre de The Pharcyde en feat, et "My gift to you", elles sont pour sa bien-aimée, Renée.
"My gift to you" est assez singulière et surprenante. Une déclaration d’amour hors norme embellie par une magnifique intro à la cornemuse. Rien de mieux que de dévoiler son fantasme afin de lui prouver son amour. De quoi faire juter l’immortel Sigmund Freud dans son slip kangourou. L’idée de lui faire l’amour tout en l’étranglant jusqu’à la mort l’excite au plus haut point. Un arrière goût de déjà-vu (cf "Kill You" de "Life is Peachy")…




Il aura fallu seulement deux albums à KoRn pour nous livrer une évolution type d’un son qui a révolutionné le monde du Heavy. Digne successeur ? Difficile à dire… Mais une chose est sûre, avec "Follow the leader", les cinq Californiens ont démontré qu’ils avaient de la ressource. KoRn est devenu mature.








Chronique de l'album "KoRn" => ICI



Chronique de l'album "Life is peachy" =>ICI






Chronique de l'album "Issues" =>ICI




Se connecter :

Login : 
Pass :  

S'inscrire ? 

Coin de noeuf dans...
Sonotones et klaxons
• Danger Mouse/Sparklehorse...
• Already Salted -...
• Blind Guardian - A Night...
• Q-tip - "The...
• Already salted - "A...
• Dj Muggs Vs Sick Jacken -...
• Puscifer - "V is for...
• Black sabbath -...
Votez canard!