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KoRn - "Issues"
Publié le 30/11/2007 par Makabe
1999 ... KoRn lâche la marelle Hip-hop de 'Follow the leader' et retourne à ses premiers émois, le metal massif et l'éventrement de poupon










Tel un marionnettiste jouant avec ses poupées en porcelaine, KoRn prouve avec perte et fracas que "Follow the Leader" n’a été qu’un coup de maître en matière de manipulation médiatique. Les copies KoRniennes, dénigrées par le groupe, ne cessent de se reproduire et les nombreuses contrefaçons, aussi prévisibles qu’elles soient, titubent déjà sur le son Néo-Hip-Hopien cinglant instauré sur le successeur de "Life is Peachy".

"Issues" est, rien que par sa sortie, la preuve vivante de cette feinte musicale et prouve une fois de plus que le quintet possède un talent unique en son genre…

Il est temps pour les Bakersfields de dire adieu aux flows agressifs et aux paillettes, et de retourner aux premières amours…

KoRn délaisse alors le mouvement Néo-Métal/Rapcore, et donne le relais à des groupes comme Limp Bizkit ou Deftones, afin de (re)jouer ce qu’ils savent faire de mieux : Un Heavy Métal déchu, énergétique et dépressif aux paroles incisives débordantes de sincérité.





Depuis la sortie de l’éponyme, nombreux sont les thèmes récurrents qui s’ajoutent à l’univers de KoRn. Le sexe, la drogue, l’enfance, la violence, la famille ou encore l’industrie de la musique… Des sujets banals très différents les uns des autres. Chose qui serait une vérité absolue si ce n’est sans compter l’existence d’un maillon qui les lie tous : Jonathan Davis, pilier central de la bâtis Californienne.

"Issues" est tout simplement une sorte de finition. Une synthèse structurée de l’ébauche qui avait été réalisée sur les premiers albums. D’un point de vue textuel, nous avons affaire en grande partie à une auto-analyse psychologique de l’esprit tourmenté de ce cher frontman…
Nous sommes incontestablement en présence d’un album conceptuel… Soit un concept album dans le jargon des mélomanes …




Un an après l’énorme succès commercial de "Follow the Leader", KoRn remet le couvert avec cet "Issues" et martèle, une fois n’est pas coutume, les fans présumant que le groupe allait surfer sur la vague de la réussite. Pourtant, tout pensait à croire à cet avenir "commercial".
A commencer par la « Cover Contest », gigantesque concours qui donnait l’occasion aux KoRnKids de s’exprimer et de réaliser la pochette d’"Issues". De la même manière que la KoRn Kampaign pour "Follow the Leader", la « Cover Contest » est destinée principalement aux fans mais aussi à la promotion du futur disque …

Mais que nenni !!

Ce 16 Décembre 1999, KoRn surprend encore, et les KoRnKids découvrent une palette de 16 titres nostalgiques ainsi que le et les grands vainqueurs du « Cover Contest ».



Les 4 grands vainqueurs et …



… tous les autres vainqueurs !










Mais pourquoi un tel retour aux sources ?...

La scène est devenu quasiment une drogue et il est impossible pour le groupe de s’en délecter. D’ailleurs, ils se donnent à fond pour rendre chaque set mémorable. On ne fera bien évidement pas allusion au mythique concert joué à Woodstock en ce Juillet 99. Concert considéré comme étant la meilleure prestation qu’ils aient jamais donnée.
Mais derrière cette façade, tout va mal… Le chalutier sur lequel se trouve les cinq Bakersfields commence à prendre l’eau…

« ...All I want in life is to be happy (happy)
It seems funny to me
How fucked things can be
Every time I get ahead
I feel more dead... »


C’est sur ces paroles à la fois ironiques et dépressives, chantées sur un air de cornemuse, que débute "Issues". Un "Dead" annonciateur sur la triste vie d’un gars en pleine descente en enfer.

« Tout ce qu’on veut dans la vie… C’est de vivre heureux. Mais à chaque fois qu’on se dresse devant cet idéal, quelque chose nous fait redescendre et nous fait sombrer à nouveau… C’est comme si on était mort… »









Rien de plus gai que d’entamer un disque avec une magnifique intro aux airs de pulsions suicidaires. La suite continue sur la même lancée avec un "Falling away from me" traumatisant tout droit sorti du cauchemar d’une enfant battue où ces même envies morbides ne sont qu’un prétexte pour s’échapper de la réalité. Une première partie sinistre qui s’achève sur un morceau, "Trash", expliquant le pourquoi du comment.

Ce n’est ni la drogue, ni les fêtes, ni la pression qui sont la cause de tout ce mal-être… Mais sa chère Renée. Jonathan Davis ayant divorcé depuis peu de sa femme, il ne supporte plus ce manque affectif et maternel. Le chanteur eu énormément de difficultés à se contrôler lors des tournées. Les prestations étaient synonymes d’orgies…
Le plaisir de la chair… Une tentation du Malin… Ce qui a donné lieu à sa perte…

Environ 9 minutes oppressantes viennent de s’écouler… Il est temps de souffler un peu. "4 U" endosse le rôle de ménestrel et montre que KoRn possède les clefs de la maturité. Le titre, servant d’interlude, est destiné principalement aux nombreux KoRnKids. Lui et ses fans, une parfaite idylle sur un morceau garni de samples mélodiques prêt à faire frémir les plus irréductibles. Un titre à la sauce Trip-Hop qui donne un nouveau sens au mot "fan".

Surviennent les tambours d’une marche de fantassins résolus à partir en guerre. "Beg for me" fredonne un message quasi similaire à celui de "4 U". Défoncé jusqu’au bout des doigts, Jonathan Davis a trouvé une drogue à la hauteur de ses espérances : la scène, chaleureuse et défouloir. Un lieu typique où le chanteur éprouve un sentiment de passion entre l’amour tendre et le vif désir. Sans les KoRnKids, KoRn ne serait rien, et sans KoRn et les KoRnKids, Jonathan Davis ne serait rien…



De gauche à droite : David, Fieldy, Jonathan, Head et Munky.




"Make Me Bad" clôture cette deuxième partie. Retour au sujet abordé sur "Trash" avec une alternative à la monogamie. Selon le frontman, l’homme devrait être lié à un avenir purement sexuel… L’homme n’est plus un homme, mais une bête assoiffée de sexe procréant avec tout ce qui a un vagin. Une vision de la vie machiste mais qui est, cependant, tout bonnement normale venant d’un type obsédé par la pornographie. Toutefois, comme dit plus haut, et il l’a bien compris, cette obnubilation l’entraînera dans sa déchéance. Sa situation avec son ex-femme étant le meilleur exemple.

Une ex-femme sur laquelle il tire, malgré l’amour qui lui porte toujours, un trait définitif sur "It’s Gonna Go away". Et pour une fois, son monologue ne ressemble pas à celui d’un "Need to" ou encore d’un "K@#0%!". Davis y va en douceur et dépose se qu’il a sur le cœur à la scansion des samples hypnotiques du titre.



Le démarrage brutal de "Wake up" casse littéralement le rythme et l’ambiance des dernières secondes de "It’s Gonna Go away".
Jonathan s’adresse maintenant à ses quatre compères, Fieldy, David, Munky et Head.

Le Family Values Tour ’98, grosse tournée familiale avec des groupes tels que Limp Bizkit, Orgy et Ice Cube, entre autres, fut une surenchère de disputes au sein du groupe.

La pression et le succès en sont principalement les facteurs, Jonathan Davis les implore, à travers cette chanson, de se calmer et de garder la tête sur les épaules.

"Hey Daddy" reprend l’analyse psychologique de Davis, ce dernier étant victime de voix l’incitant à se suicider.

Un titre à l’image de la personnalité du chanteur où la schizophrénie est aussi bien présente dans le texte que dans le chant et le son, voisin d’un Didgeridoo, joué sur la basse de Fieldy. Est-il devenu fou ?

C’est l’une des questions sans réponse qu’il se pose sans cesse sur l’interlude samplée "Am I going crazy".
Toutefois "Hey Daddy" apporte son lot d’explications concernant son état mental…

"Somebody Someone" revient, avec un magma de riffs fougueux, sur l’entourage du chanteur. L’apparition et la disparition subite d’amis le laissent perplexe.
Pour des raisons qui lui sont inconnues, certains de ses proches le lâchent, ce qui le déstabilise énormément surtout à la vue de sa situation émotionnelle.

Quant aux autres, il ne se fait pas d’illusion, la plupart sont des hypocrites tentant de profiter de sa célébrité.



Les deux derniers morceaux qui achèvent "Issues" traitent tous deux du business qui tourne autour de l’industrie de la Musique. Alors que sur "Counting" Jonathan accuse sa maison de disque de lui voler de plus en plus d’argent de jour en jour, il se sent exploité comme un vulgaire produit à la mode.

Le sentiment d’être une pute bon marché l’envahit sur "Dirty", ce qui, une fois encore, n’arrange pas son état mental. Une goutte qui fait déborder l’eau du vase pour les maisons de disques, puisque "Dirty" s’arrête, et clôt l’album par la même occasion, sur des grésillements puant la censure à plein nez.


Mais c’est certainement les trois titres qui précèdent "Counting" qui sont les plus intéressants du disque.

Tandis que "No way" laisse entendre un Jonathan Davis en pleine dépression, "Let’s get this party started", dont l’esquisse vocale du refrain donnera naissance à une future déception, et le on ne peut plus clair "Wish you could be me" s’étendent sur l’évidence même qu’il voudrait échanger sa place contre celle d’une personne dite « normale ».

Le rendant presque comme un martyr, il veut que la personne qui le remplace comprenne ce qu’il endure et ressent tous les jours. Davis refuse de vivre dans un monde qui le pousse à la paranoïa et au suicide, mais paradoxalement, il rejette l’idée de quitter cette vie de chanteur, la scène étant le seul endroit où il prend réellement goût à la vie.





En fin compte, "Issues" se révèle être un album bien plus mature que son aîné… Musicalement très riche, KoRn signe ici son premier disque complexe et pose les bases des futurs opus. Un instant musical épineux pour les initiés qui regorge cependant d’un max de confessions dont seuls les fans pourront apprécier les subtilités.











Chronique de l'album "KoRn" => ICI



Chronique de l'album "Life is peachy" =>ICI




Chronique de l'album "Follow the leader" =>ICI






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