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Led zeppelin - "Led zeppelin I"
Publié le 19/12/2007 par Makabe
Riffs aériens , mélopées planantes, alleluias célestes... 1968, un premier lâcher qui flirte avec le divin.

Au huitième jour Led Zep créa le hard-rock !











Led Zeppelin

"Led Zeppelin I"




Dans un ciel morose apparaît une ombre phallique déchirée par les flammes de Sodome et Gomorrhe. Un bruit assourdissant fend les cieux et sonne l’apogée d’un genre en plein essor. Avec ce zeppelin, blessé par mille feux, crevant tous les nuages blafards présents sur sa ligne de mire, le paysage musical vient d’assister à l’avènement spectaculaire d’une variété auditive.

Un illustre événement marquant à jamais les âges, les esprits et, surtout, les cœurs.
Le Hard Rock vient d’atteindre l’Olympe.

Led Zeppelin est enfin dans la place…








1968… Le pays de la Reine Mère accouche, sans le savoir, d’un rejeton surdoué dont la réputation future ne cessera de s’accroître au fil du temps. Qui aurait pu croire à ce moment que ce bambin bercé par les Stones, les Hendrix ou encore par les Beatles serait, au bout de 40 ans d’existence, un groupe internationalement connu ?

Bien plus !... Qui aurait deviné qu’il deviendrait LE groupe du dernier millénaire ?

A la tête d’un Hard/Heavy au blues mélancolique, Led Zeppelin continue encore aujourd’hui, malgré l’inévitable et triste réalité au sujet de leur formation, à faire vibrer les tympans de millions de personnes. Et pour cause, Led Zeppelin compte parmi ses rangs les musiciens les plus doués de la génération beatnik : de véritables muses généreuses dont les inspirations débordent d’énergie.

Et pourtant le mythe de Led Zeppelin n’a rien de singulier. Bien au contraire, leur histoire est de ce qu’il y a de plus… cliché : une fulgurante ascension, suivit d’une terrible descente au purgatoire.



Le récit débute en 1966 lorsque le jeune Jimmy Patrick Page, passionné de la lubrification du manche, intègre les Yardbirds après avoir refusé le poste de bassiste une première fois.

Peu de temps vont s’écouler avant qu’il ne prenne sa véritable place en tant que guitariste. Pendant près de deux ans, Page va expérimenter tout un tas de nouveaux sons en parallèle des sets et des enregistrements studio.



C’est cette inventivité qui va lui permettre de prendre petit à petit la tête des Yardbirds, jadis le groupe d’Eric Clapton.

Malheureusement, en 1968, au beau milieu d’une tournée, la plupart des oiseaux quittent le nid. Peter Grant, manager des Yardbirds et mastodonte à mi-temps, se retrouve désabusé par la situation du groupe qui doit encore assurer les dernières dates. Au final, des Yardbirds, il ne restait que Jimmy Page et ses expériences sonores.





The Yardbirds : Une mise en bouche pour un futur virtuose.




Il fallut donc, dans la hâte, trouver de nouveaux compagnons pour soutenir notre partisan des instruments à cordes âgé, à ce moment, de 24 ans.



Première recrue :

John Paul Jones.

22 ans.

A des idées créatives aussi riches et variées que les instruments qu’il maitrise.

A déjà joué aux côtés Monsieur Page.

Seconde recrue :

Robert Anthony Plant.

20 ans.

Rencontré lors d’un concert des Hobbstweedle.

Possède un organe lyric jouissif d’une puissance inégalable.
Troisième recrue:

John Henry Bonham.

20 ans.

Proche voisin d’un poulpe bodybuildé sous acide.

A déjà joué avec son ami, Monsieur Plant, dans un groupe nommé « The Band of Joy ».







L’odyssée des nouveaux Yardbirds commence et c’est d’ailleurs sous ce nom, les New Yardbirds, que le quatuor assurera la série de concerts prévus. A peine le temps d’une tournée, les New Yardbirds vont rapidement exploser leur quota d’admirateurs.

La troupe prend alors une toute autre dimension où chaque membre se complète mutuellement. Ainsi, l’amalgame, entre les riffs écrasants de Page, la rythmique structurée et siphonnée de Bonham, la basse colérique de Jones et les hurlements mélodiques de Plant, est devenue la source d’un genre : le Hard Rock. Une parfaite harmonie qui ne pouvait que durer…

Leur popularité soudaine va bien évidement faire des envieux. A commencer par Keith Moon, le batteur britannique de The Who, qui va être à l’origine de ce nom mythique : Led Zeppelin.




« Avec une sonorité pareille,
ils vont couler comme un zeppelin de plomb »



Purement révélateur et représentatif de la musique des New Yardbirds ! Led Zeppelin est un jeu de mots sur l’état d’esprit du groupe. Une musique lourde et dévastatrice (Lead = Led) gravitant autour de compositions mélodiques enchanteresses (Zeppelin).

Une fois la tournée terminée, les quatre membres embarquent à bord de leur dirigeable afin d’enregistrer le premier vinyle d’une longue lignée. Et c’est en ce début d’année érotique de 1969 que sort l’éponyme, connu aussi sous le nom de "Led Zeppelin I". L’entrée en matière est fracassante et le nouveau rock au blues désespéré ne tarde pas à être adulé par de nombreux hippies reconvertis.

Bien que le frisbee à neuf tracks détrône les leaders des charts, les critiques ne sont pas du même avis. Robert Plant a une voix hors du commun qui suscite la controverse. Des contestataires ignorants et hypocrites qui vont rapidement échanger leurs langues de vipères contre des yeux brillants d’admiration quelques années plus tard…









Pour un premier disque, Led Zeppelin joue direct la carte du "concept album". Devenus cultes, les légendaires « Baby ! » de Robert Plant en disent long sur les sujets abordés : les femmes. Les huit morceaux, "Black mountain side" n'étant que de l’instrumental teinté d’un folk oriental venu des voyages de Page, tournent tous autour du sexe opposé. Et pour tout dire, on est loin, au premier abord, des hymnes à l’amour et autres gloires à la passion.

Selon eux l’âme de la femme a été créée en enfer afin de torturer les sentiments de l’homme, comme le stipule le dépressif "Dazed and Confused" et son déferlement de riffs psychédéliques. Des succubes déguisés en déesses, dont l’imagination inépuisable rend fou l’innocent Plant sur "How many more times". Le Heavy "Communication Breakdown", titre malheureusement trop court, insiste sur ce point, les charmes d’une donzelle étant capables de nous conduire à la déchéance la plus totale.

Des femmes donc, sans pitié, qui achèvent leurs proies dès leur plus jeune âge. Le titre d’ouverture "Good Times Bad Times" raconte l’histoire d’un garçon de 16 ans tombant amoureux d’une jolie et douce jeune fille. Cette dernière lui jura fidélité éternelle. Une calomnie de plus qui ne dura que deux jours. Amour, Désir, Mensonge et Trahison … Voici la triste vie d’un adolescent et le quotidien d’une créature fatale.








Pourtant, il arrive un temps où tout mâle qui se respecte doit mettre le poing sur la table. Le point culminant de la rupture approche. Deux possibilités s’offrent alors au mal aimé : "Babe I’m gonna leave you", et son art de transformer le son acoustique d’une guitare en furie sonore mélancolique, propose une méthode douce et sournoise. Une triste histoire d’amour impossible qui engendre, tant bien que mal, la séparation.

La deuxième méthode consiste à régler les problèmes d’une façon plus radicale. La parfaite antithèse de "Babe I’m gonna leave you", "Your time is gonna come", solutionne le problème avec un dialogue cru, reflet de la réalité, ayant pour but de faire culpabiliser sa moitié.

Mais de la même manière que l’homme est un vulgaire jouet entre les mains d’une amazone, ces sirènes sont de vraies drogues à nos yeux. Le sexe, un délicieux défaut, gourmandise des mortels : c’est le message subliminal de "You shook me". Une composition perturbante où Robert Plant laisse entendre des « Suck » plutôt que des « Shook ». Au final, lapsus ou pas, le titre prend tout son sens et renvoie à la faiblesse de l’être humain.

Toutefois ce qui différencie de l’homme de la harpie, c’est l’esprit et la volonté divine. L’homme a un cœur énorme, empli d’amour et de tolérance... Ainsi, Led Zeppelin achève la quasi-totalité de ses morceaux de façon biblique où le quidam a le pardon facile. Et même s'il prend des airs de chien battu, peu importe le nombre de sévices qu’elle lui fera endurer, la marionnette au grand cœur l’aimera quoi qu’elle fasse car il est incapable de se séparer d’elle : "I Can’t quit you baby" …




Un album, des millions d’adeptes. Led Zeppelin, l’Atlas de l’amour, véritable Valkyrie du Hard Rock bluesy, vient de marquer de son empreinte l’histoire de la musique. Le zeppelin est devenu source d’illumination et mérite amplement son titre de « Groupe du millénaire ». De nos jours, nier l’existence d’un tel talent frôle du blasphème… Que ceux qui vivent dans l’ignorance brûlent dans la souffrance. Yeah Baby !...













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