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 | La bulle coincée Florent PRUDENT Publié le 10/03/2008 par Florent Prudent | | Florent est un 'peinturlureur' chevroné. Travail collectif, performances urbaines, expos hors les murs, il parcourt les chemins de traverses en quête de... en quête de quoi d'ailleurs ? |
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Florent PRUDENT est né à Chalon-sur-Saône le 18 novembre 1970.
Vit et travaille en Bourgogne.
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Les débuts
Dès son plus tendre âge, Florent griffonne sur tout ce qui bouge : les murs, les bouts de papier, les cahiers d’école... Elevé par la bande dessinée, ses livres de chevet sont Pif gadget, les éditions Mon Journal, Dupuis suivis de Pilote, Metal Hurlant, Charlie, (à suivre) etc... Très tôt, il fait des fanzines de BD avec des amis et commence même à les diffuser malgré la qualité encore relative (et le coût) des photocopies.
A partir de 1986, il suit les cours de Francis Dandois à l’Ecole d’Art de Chalon et commence à travailler le dessin d’une manière plus sensitive et moins figée. La «touche» BD reste présente bien sûr mais elle est consacrée aux affiches, flys et fanzines militants.
En 1990, le Bac de «Sciences de la Nature et Mathématiques» en poche, il rentre aux Beaux-Arts de Beaune où il développe son Histoire de l’Art et découvre la photo.
Il enchaîne, l’année suivante, à l’Ecole Nationale d’Art de Dijon. De nouveaux mediums d’expression s’ouvrent à lui. Informatique, vidéo, gravure, sérigraphie..., les Beaux-Arts sont très bien équipés, mais l’approche pédagogique est indécise : est-ce une école ? Est-ce un atelier ? Faire de la peinture et du dessin est un acte qui frise le sacrilège et primauté est donnée à la théorie, aux installations, aux performances. L’expression est secondaire et il est recommandé de « construire » un travail personnel dès la première année.
Avoir une démarche artistique avant de parfaire sa formation... curieuse approche de l’Art.
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Le collectif UBU
Face à cette omniscience de l’Art, le désir de « cracher » la peinture partout où elle n’est pas invitée se fait de plus en plus fort. Après quelques actions « pirates », Florent co-crée avec Ludovic Burggraeve le collectif UBU en 1993. Des expos mises en scène, des détournements d’affiches collées sur les murs, une revue (Basta !).
Ce sont bientôt une dizaine de personnes qui interviennent à Chalon, Lille, Aurillac, Dijon... avec toujours l’esprit du loufoque et le plaisir du ludique. Après une activité dynamique et une résidence à l’Abattoir (Centre de créations des arts de la rue, Chalon), le collectif disparaît en 1998.
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en haut : La manifestation silencieuse, une performance à Dijon en 1993
en dessous : Les premiers détournements d'affiches à Chalon dans la rue en 1993 |
! UBU tatoue ta rue!
Les murs enflent et transpirent de couleurs...
Les rumeurs parcourent les rues de festivals en festivals...
On s’agglutine, on s’interroge...
X : Père UBU, vous avez aussi remarqué les agissements auxquels se livre cette curieuse bande qui affiche des peintures en pleine rue en contresignant de votre nom. C’est indélicat de récupérer ainsi votre nom ?
Père Ubu : Tous ceux qui se réclament de mon esprit clairvoyant sont des gens honorables.
X : Mais, à votre avis, ces “ barbouilleurs “ ne pourraient-ils pas faire quelque chose de plus...?
Père Ubu : Ils sont jeunes, c’est un problème. La jeunesse n’a pas grand chose à faire en ce moment ; elle ne sait plus quoi faire de la vie. Mais les vieux aussi. L’ennui est général. Tous redoutent des découvertes génétiques qui pourraient prolonger encore leur ennui. C’est que tout s’use trop vite, même, et surtout, les images... Et bien, Ubu a trouvé une raison de vivre : la création, sous toutes ses formes et dans tous ses états...
X : Mais, s’agit-il vraiment d’art ? Quand on voit...
Père Ubu : L’art est partout où on ne l’attend pas, et justement là plus vivant qu’ailleurs. La création est à l’homme ce que l’oeuf est à la poule. Or, il nous faut remarquer que l’homme est actuellement un inadapté complet. La société hyperfonctionnelle dans laquelle on le propulse rejette tout ce qui est inutile et Ubu aussi (ces affiches ne servent d’ailleurs à rien, et restent encore, jusqu’à maintenant, gratuites). C’est une force subversive colossale et libératrice pour chaque individu !.. J’ai bien dit art et non culture, celle-ci n’ayant été inventée que pour donner du sens, une fonction à l’art et pour mieux maîtriser les impulsions créatrices qui ne sont que l’expression de l’intelligence de la vie, de l’homme. Ubu crie : «A mort l’utile !».
X : Mais, justement, ces affiches qui traînent dans la rue et disparaissent en une journée... S’agit-il vraiment d’art... ?
Père Ubu : Ubu refuse d’idéaliser l’art et défend la simplicité et les hommes tels qu’ils sont. Il n’y a ni génies, ni maîtres, ni artistes peintres à porter au pinacle de la culture... C’est pourquoi ces oeuvres n’ont qu’une durée de vie réduite et sont rapidement vouées aux vestiges, plutôt qu’aux galeries ou aux salles d’expo trop commodes. Ubu aime l’éphémère qui oblige à se recommencer sans cesse.
X : Ces “ barbouilleurs “ sont-ils vraiment capables de...
Père Ubu : Dites “ peinturlureurs “, si vous préférez ; c’est plus musical. Ce qui compte, c’est l’expression créative et son ouverture à tous dans un élan de liberté. Je vous le redis : vous vivez dans vos villes moins bien lotis que les animaux que vous parquez dans les zoos. C’est pourquoi Ubu intervient en proposant de la joie, de la couleur, de la dérision, de la vie...
X : S’agit-il d’un nouveau courant artistique moderne ?
Père Ubu : Je suis loin des préoccupations historico-mercantiles de ce bas monde. Je ne suis moi-même qu’une création, une toute petite idée.
X : Bon... (silence) Et bien, merci Père Ubu, vous avez, une fois de plus, mérité votre surnom de grand et lyrique génie de la pataphysique.
Père Ubu : Merci. Patate toi-même.
Ludovic |
En 1994, en plus des détournements d'affiches on se fait un petit plaisir en réalisant des peintures "Prise de tête". On s'est tellement amusés qu'on en a peint d'autres en 1995.
Sur la photo ci-dessous, vous pouvez voir qu'on a pompé sans aucun scrupule Ensor et Boucq.
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En 1995, on organise Nosféra, une expo autour du thème des gargouilles, avec sérigraphies, peintures, vidéo, infographie et une performance défiant toute imagination !
Ci-dessous : la pose après la performance
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En 1996, on était partis pour faire une coupure, un petit break pour souffler. Et puis, on s'est dit : " C'est les 20 ans de Chalon dans la rue, ça serait bien de faire un petit kekchose ".
Finalement, on a collé des peintures à Chalon en juillet, au festival d'Aurillac en août et au Festival "Rencontres" de Lille en septembre. |
En 1997, coup d'éclat !
Trois sites de Chalon dans la rue sont occupés. Quatre grandes peintures sont collées sur les panneaux Giraudy en ville, deux grandes fresques couvrent les vitrines de la billetterie du festival (ci-dessous) et de nombreux détournements d'affiches parsèment le site de l'Abattoir (tout en bas). |
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