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 | Sonotones et klaxons Black sabbath - "Paranoid" Publié le 01/02/2008 par Makabe | 'Gloria in profundis Black Sab'.
Introibo ad altare dei nostri Black sab'.
Ave black sab' ' |
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Black Sabbath
"Paranoid"(1970) |
En l'espace de deux années, les hippies sont devenus des êtres en voie de disparition. Les fidèles de Dieu, quant à eux, préparent les crucifix et l'eau bénite dans le but d'accueillir la nouvelle vague musicale des années 70.
Led Zeppelin, U.F.O ou encore Deep Purple viennent tout juste d'instaurer le régime Hard Rock dont la sonorité colérique est l'avénement d'un style révolutionnaire prônant, en grande partie, le péché et l'apocalypse. Les puristes, voyant l'incarnation du Mal, ont donc du souci é se faire, tandis que les beatniks souffrent déjà du coup de grâce insufflé par ce nouveau peuple, à la fois très proche et très différent de la génération Flower Power.
Il est temps de rédiger l'esquisse du livre du Heavy Metal, Black Sabbath en est l'auteur et sort enfin sa plus belle plume afin d'en écrire les premières lignes
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Avant de devenir le Black Sabbath qu'on connait tous, le quatuor portait, dans un premier temps, le nom de Polka Tulk puis, bien plus tard, celui d'Earth.
C'est en 1968, dans un des garages miteux de Birmingham, que Polka Tulk s'essaye au Hard Rock.
A sa tête ? John Michael « Ozzy » Osbourne, chanteur de son statut et employé modèle dans un abattoir.
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Il est accompagné de ses amis d'enfance : Terry «Geezer» Butler, bassiste, aussi mentalement déstructuré que son jeu de basse, Bill Ward, batteur adepte de la transe chamanique, et Tony Iommi, guitariste ayant la particularité d'avoir des phalanges en moins.
Ce dernier est en grande partie à l'origine du genre novateur qu'est le Heavy Metal. Son handicap ne lui permet pas de jouer comme la plupart des guitaristes du Hard Rock. Lors des répétitions, le groupe jouait dans un ton plus grave, plus lourd. Tout ça afin de permettre à Iommi de jouer sans souffrir de sa main droite estropiée.
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Cette manière de jouer, ajoutée au chant charismatique et lugubre d'Ozzy, à la frénésie de Ward et à la basse désaccordée de Butler, donne vie à cette variante du Hard Rock.
Enfin, après une brève séparation, celui-ci quitte le groupe le temps de quelques concerts. Iommi retourne au sein d'Earth et initie les autres membres à l'art de l'occultisme. Une fascination qui deviendra par la suite la base de l'imagerie du Heavy Metal, laquelle tourmentera plus d'une ménagère de moins de 50 ans.
En résulte donc une sonorité sombre et puissante aux antipodes de leurs références, allant du bon vieux Blues des années 50 au rock psychédélique des 60's.
Car oui, Earth, n'est, en fin de compte, qu'un résidu de sorciers hippies cafardeux, comme le prouve leur véritable premier morceau : "Black Sabbath", sorte d'Ennio Morricone sinistre aux tintements épiques et gothiques. Ce titre emblématique force Earth à révéler son véritable talent et à prendre de la notoriété dans les multiples bars à concerts qu'il fréquente régulièrement.
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Earth finit dans l'oubli,
et Black Sabbath augmente le volume de ses amplis !
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Très vite en 1969, la lumière dévoile les quatre anglais. Black Sabbath est remarqué par un individu de chez Vertigo Records et signe, dés lors, un contrat.
Une union foireuse qui participera tout de même à la propulsion du groupe en haut du podium. Ils enregistrent en à peine 2 jours l'éponyme "Black Sabbath", disque écrit et produit en fonction du cahier des charges de la maison de disque.
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Effectivement, elle suggère fortement au groupe, pour ne pas dire "force", à jouer "Evil Woman", une reprise du groupe Crow. De plus, sur "Warning", chanson écrite par Aynsley Dunbar, dont le curriculum vitae actuel ferait pâlir plus d'un batteur, le solo de Iommi, qui dure normalement un peu plus de 18 minutes, a été totalement annihilé de la version finale.
L'album "Black Sabbath" sort le Vendredi 13 Février 1970, un jour synonyme de malédiction. Malgré un Hard Rock pesant bâti sur la sorcellerie et l'inconnu, "Black Sabbath" n'est pas réellement la genèse du Heavy Metal, juste une tentative inespérée avant la mise en marche de la révolution musicale.
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Le deuxième album endosse beaucoup mieux ce titre et "Paranoid" s'exhibe comme étant un véritable condensé de Heavy Metal chauffé à blanc. Un son purement diabolique où Black Sabbath, à partir des racines de la génération "Peace and Love", forge sa propre descendance "Peace and Fuck". "Paranoid" pète littéralement les charts ricaines et impose son style comme une dictature imparable.
Une mécanique donc bien huilée qui se met rapidement en place dés les premières notes de "War Pigs", un titre antimilitariste où le père Ozzy crache sur le gouvernement américain et leur lâcheté, ces derniers envoyant uniquement des jeunes à la boucherie, tandis que le combo chatouille les riffs tranchants et les rythmiques explosives avec doigté.
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Avec l'indétrônable "Paranoid", rejeton d'un succès hors norme, fondé sur une répétition de notes lourdes jouées à la guitare, il est question d'autodestruction et de perte de contrôle de soi.
Le syndrôme de la paranoïa, dans un domaine purement médical, est l'un des facteurs les plus fréquents de la schizophrénie, une caractéristique scénique, puis réelle, d'Ozzy Osbourne dans Black Sabbath. |
En plus d'un programme anti-gouvernemental, "Planet Caravan" montre un Sabbat Noir innovateur en avance sur la musique de l'époque et restant en retrait sur l'histoire et la génération précédente. Un troisième titre psychédélique et hypnotique à souhait où le bad trip coloré au LSD est de mise.
Matérialisation hallucinatoire, idéale pour un voyage en van Volkswagen, d'une ascendance hippie et de leur excès de prise de drogues en tous genres.
"Iron man" et son déchaînement instrumental de dernière minute aborde sans tabous le sujet des effets post-traumatiques de la guerre du Vietnam. La chanson, porte-parole et symbole des soldats, évoque le retour patriotique des vétérans du Viêt-Công.
Encouragés, envoyés à la mort puis remerciés, les marines américains, laissés sur le trottoir par un gouvernement avide de pouvoir, se retrouvent, pour la plupart d'entre eux, rejetés par la société. Martyrs d'un conflit, victimes d'une république, proies des médias et souffre-douleur d'une aristocratie.
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Mais l'horreur continue sur "Electric funeral", sans conteste une référence à Hiroshima et à sa rencontre avec l'outrageant "Little boy". La description funèbre d'une explosion atomique qui a fait un nombre incalculable de morts et de blessés au Japon.
"Hand of doom" fait aussi allusion aux bombes au napalm utilisées au Vietnam. Néanmoins, Ozzy chante les joies de la toxicomanie. Au lieu de ne faire qu'"un", l'esprit et le corps ne font plus que "deux", conséquence produite par la consommation d'acide.
Tout est là : l'aiguille apporte le plaisir dans ta tête mais ton corps semble mourir. Le changement psychologique et physique est à l'image des évolutions rythmiques du morceau, tantôt bluesy, tantôt Heavy. Toujours dans les substances illicites, "Fairies wear boots" raconte les visions d'un mauvais trip à la marijuana. Une apparition plutôt burlesque où les fées portent des bottes en cuir et dansent avec des nains.
Reste la track qui précède "Fearies wear boots", "Rat Salad". La partie instrumentale de "Paranoid". Iommi, Butler et Ward se laissent emporter dans un freestyle sonore défiant toute concurrence. Le génie est sous les feux de la rampe. Un déluge magistral de percussions de la part de Ward qui clôt ainsi sauvagement le second disque de Black Sabbath.
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Même si au final "Paranoid" est loin des ambiances mystiques et sombres qu'arborent les covers, le quatuor signe bien plus qu'une innovation musicale. La naissance du Heavy Metal est une chose, mais l'évolution de celui-ci est tout autre.
Qu'il s'agisse de Heavy Metal, de Death Metal ou encore de Speed Mélodique, chaque groupe puise sa source et sa force dans le Sabbat Noir. L'influence d'aujourd'hui est indiscutable...
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« L'ange déchira les cieux de ses riffs. Et il tomba du ciel une grande étoile ardente comme un flambeau, et elle tomba sur le tiers des auditeurs du monde.
Le nom de cette étoile est "Paranoid", et le tiers des auditeurs furent changé en Metalleux, et beaucoup d'hommes moururent par cette sonorité, parce qu'elles étaient devenues considérables. »
Chapitre I, Verset I de la Bible Metallique
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........................................................................................................................................................................................................................................Joe Siegler's Black Sabbath site
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