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Le bazaar de l'épouvante
Publié le 26/08/2008 par Dexter
O grand Satan ! Je t'échange mon âme contre un hamac en papier bulle !





"Le bazar de l'épouvante"

de Fraser Clarke Heston




Qui n’a jamais rêvé d’obtenir l’objet de ses rêves les plus fous ?

Objet inintéressant pour les uns, mais véritable sésame pour les autres, contre seulement un petit service de rien du tout ?

Vous, moi, eux ?






Je crois qu’un jour ou l’autre, une telle situation s’impose.

Un peu comme quand une contredanse s’échoue sur le pare-brise, doux billet lancé par une Marie pervenche en soif de revanche, suite à une vie de moqueries sur sa laideur, laideur dont elle ne se débarrassera jamais.



A cette question, les habitants d’une petite bourgade du Maine se retrouveront confrontés, malgré leur (faible ?) volonté.

Castle Rock, Une petite ville chaleureuse où les gens ouvrent encore la porte pour dire bonjour...

Mais lorsque certains ont le dos tourné, les jacasseries commencent, les langues de vipères se délient et c’est parti pour des commérages qui ne s’arrêtent qu’à la vue d’une personne susceptible de tout répéter.



C’est au milieu de tout cela que débarque un beau jour Leland Gaunt, interprété magistralement par Max Von Sydow.

Brocanteur charmeur, élégant et mielleux venu s’installer à Castle Rock, il va donner un bon coup de pied dans la fourmilière.











Ce que j’aime par-dessus tout avec Stephen King, c’est cette facilité qu’il a à cerner les gens et leur stupidité, mettant dans le même sac la religion - "The Mist" devrait amplement vous le prouver.

Ce don, quasiment une science exacte, de retrouve dans chacun de ses romans.





Comment donc Mr. King fait-il preuve de ce savoir-faire ?

De mon côté, je répondrais qu’il est bien plus aisé de cerner les gens, quand comme l’écrivain ou moi-même on réside dans une toute petite ville.

C’est là qu’en général les gens se retrouvent dos au mur, laissant leurs instincts les plus bas leur dicter la marche à suivre, au contraire d’une grande ville où l’on pourrait se cacher plus facilement, sans avoir à craindre les regards accusateurs ainsi que les coups en-dessous de la ceinture de ses « voisins ».



Alors, allons-nous ici avoir le droit à une énième adaptation pataude, sans goût, flemmarde ?

C’était ma crainte au premier visionnage, notamment parce que le nom du réalisateur (Fracer Clarke Heston) était inconnu au bataillon des adaptations pour le King.

Et sa filmographie ne me disait rien qui vaille : "Les Dix Commandements" (en tant qu'acteur), "La fièvre de l'or", le téléfilm "L'île au trésor", et "Alaska" ... (Connaissez pas ce film "Alaska" ? Moi non plus !)



Mais comme dirait Maître Yoda :

"Jeune padawan, grande gueule fermer il te faudra,
spectacle regarder tu apprécieras"
.











Et c’est qu’il ne m’a pas menti ce bougre de nain vert !

"Le Bazaar de l’épouvante" ("Needful things"), dirigé par Fracer Clarke Heston, s’avère être un plaisir visuel permanent.



Le monsieur installe sans peine une ambiance chaleureuse, quoiqu’obstruée par un danger imminent, le tout filmé d’une manière assez froide.

Et cela alors même que les protagonistes, ne se doutant pas encore du mal qui va s’abattre sur eux, continuent dans leurs habitudes quotidiennes, donnant l’air que tout va bien, sans pour autant à nous mettre plus à l’aise.



Et, le grand bazar ne tarde pas à commencer : par le biais d’un enfant, qui à la demande du marchand de rêve, va enduire de boue (et de merde d’oie) le linge d’une dame, considérée comme la pire femme du village, celle qu’il vaut mieux laisser en paix.

Aux yeux de l’observateur non attentif, il ne s’agit là que d’une petite blague de campagne, pas très futée certes, mais sans réelle conséquence.

Mais le brocanteur maléfique, lui, sait très bien quels sont les personnes à attaquer en priorité, ces mêmes personnes qui entretiennent au fond d’eux (depuis toujours ?) une flamme haineuse.


Et le bougre parvient très bien à faire sortir cette flamme de ses victimes, comme un signal de fumée masqué par des proliférations menaçantes et injurieuses – rien de bien étonnant au vu de sa vraie nature.

Mais finalement, qu’a fait de si extraordinaire Leland Gaunt ?

Simplement percer l’abcès des relations entre les habitants, tel un cancer qui s’est généralisé au fil du temps...



Tout ceci n’est que le début dans la descente aux enfers pour les résidents de Castle Rock, et la montée en puissance de la jouissance pour Leland Gaunt.

C’est donc parti pour cent vingt minutes de folie (n’est-ce pas, Monsieur le conseiller municipal ?!), de meurtres, d’empoignades et j’en passe.

Comment ne pas avoir de frissons lors du duel entre Netty Cobb (dont le chien adoré s’est cruellement fait massacrer) et Wilma (la mégère du village), qui s’en mettent copieusement sur la tronche jusqu'à ce que mort s’ensuive, le tout sur fond de musique d’opéra ("Ave Maria").



La suite s’annonce sans attendre, dans une anarchie mise en scène haut la main par M’sieur Fracer Heston.

Ceci d’autant plus que le réalisateur ne s’est pas entouré d’une équipe de charlots...











Celle-ci manie à la perfection pyrotechnie et explosifs, comme nous le prouvent de magnifiques et impressionnantes explosions.

Mais qui pourra donc arrêter la fureur destructrice de Gaunt ?




Le salut vient du shérif (ceux qui on dit « de l’espace » : dehors !) Alan Pangborn, personnage interprété de manière très convaincante par un Ed Harris bien en forme, sur lequel Leland Gaunt n’exercera jamais de plan machiavélique.

Tiens, pourquoi ça ?

Pourquoi le shérif n’intéresse-t-il pas notre brocanteur ?



Alan et son adjoint (qui m’a vraiment fait rire avec le coup de la tapette à souris dans le cadeau) sont encore les seuls à réfléchir correctement, sans être téléguidés par le bon vouloir de Leland Gaunt , dans ce qui devient une ville de fous.

Si le but apparent de Leland était de nous donner une leçon sur le Bien et le Mal, force est de constater qu’il a besoin d’une antithèse en la personne du shérif Pangborn pour conclure sa leçon.

Ne nous le cachons pas : si Leland l’avait souhaité, Castle Rock serait devenu « son chez lui ».



Une dernière petite remarque : le personnage du shérif Alan Pangborn sera repris par Michael Rooker (vu dans "Henry portrait d’un serial débile") pour les besoins de Georges A. Romero dans le film "La Part Des Ténèbres" ("The Dark Half").





Au final, le film se termine tout de même sur une note positive :

Même si vous croyez tout connaître de vos voisins, Leland Gaunt vous prouvera le contraire.








............................................................................................................................................................................................................................................................................................TRAILER



Fiche technique
Titre  • "Le bazaar de l'épouvante" (aka "Needful things") - (1993)
Réalisation  • Fraser Clarke Heston
Casting  • Max von Sydow (Leland Gaunt)
 • Bonnie Bedelia (Polly Chalmers)
 • Ed Harris (Sheriff Alan Pangborn)
 • Amanda Plummer (Nettie Cobb)






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bravo Leland !   DorianGray le 24/10/2008 à 20:10

Mais que c'est beau, mais que c'est bien dit ... effectivement, Yoda avait raison ... et vu son âge, il s'y connait vachement en films !!!! Du tout bon King appréciable par la présence très sympathique de notre Leland Gaunt parfaitement campé par un Max von Sydow magnifique ...