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Peur bleue
Publié le 03/10/2008 par Dexter
Adaptation de 'La Nuit du loup-garou' ('Cycle of the Werewolf') de Stephen King, 'Peur bleue" joue sur le côté aventure familiale plutôt que sur l'achalandage gore







"Peur bleue"

de Daniel Attias




Pour ma part, j'ai toujours eu un petit coup de coeur pour ce film de loup-garou qu'est "Peur Bleue" ("Silver Bullet").

Il est clair que sa simplicité scénaristique et ses rebonds ne valent pas de l'or, mais était-ce sincèrement le but de Daniel Attias ?




Non, pour moi "Peur bleue" est loin d'être un navet, voire un film ringard.

Daniel Attias, dont "Silver Bullet" fut le premier long métrage, avait jusqu'à ce jour opté en tant que directeur et réalisateur pour divers épisodes de séries connues ("21 Jump Street", "Les Sopranos", "Lost" et récemment "Dr House").

Ce coup-ci, mine de rien, il livre un film rudement bien rythmé, et seuls les plus difficiles des spectateurs peuvent dire s'y être ennuyés.


Remarquons aussi une chose : si ce film au faux airs bon enfant a l'air mignon comme tout, il n'en demeure pas moins cruel dans l'ensemble (enfants, femme tout juste enceinte, tout le monde y passe !).

Et pour en rajouter une couche, le héros devant se faire abattre par le grand méchant loup est un handicapé au nom de Marty, ce qui aux yeux de certains est de très mauvais goût (comprenez : "Le pauvre il est déjà handicapé alors le mettre dans une situation pareille"... et tout et tout et tout)







Le loup-garou qui vous attaque dans votre sommeil :
Le terrible Lit-canthrope !!!





Et bien ça Stephen King il s'en bra*le, les happy end c'est pour les fiottes et je trouve qu'il a raison d'agir ainsi. Pourquoi, parce qu'on ennuie personne, personne ne devrait nous ennuyer ?

Et peu importe qui doit payer l'addition, que ce soit un gentil père de famille commettant l'irréparable sur son fils ("The Mist"), un détenu innocent condamné à la chaise électrique ("La Ligne Verte"), et j'en passe...

Mais tout ce film doit sa contribution à des acteurs nous amusant, avec une complicité quasi permanente.





fauteuil roulant version "Fast & furious"

Le plus malicieux dans tout ça est certainement l'identité du loup garou (perso tant qu'elle ne fût pas dévoilée, jamais je l'aurais soupçonnée).

Côté casting, pour l'époque, j'ai trouvé que c'était on ne peut plus correct.
On retrouve dans le rôle du shérif notre sale «Beau Père» * Terry O Quinn, se sentant concerné par le rôle avec le strict minimum syndical.



......................................................................................................................................................................................................
* "Le beau père" (1986) réalisé par Joseph Ruben


Vient ensuite un habitué des films d'horreur : Corey Haim, vu entre autres dans "Lost Boys" et "Watchers", dans le rôle du petit handicapé.

Sans oublier le très expressif Gary Busey ("Lost highway", "Piège en haute mer" - vous savez, l'enflure qui crache dans la soupe que Steven Seagal avait préparée et Seagal il aime pas les gens qui font ca, pourtant y'en a qu'on essayé et ils ont eu des problèmes, cela dit il est très rapide l'ami Seagal, il leur casse la tête et repart aussitôt)





Le club des poètes de Tarker's mill




A vrai dire, c'est bien en partie grâce à la présence de Gary Busey dans le rôle de l'oncle Al que le film demeure sympa. Son jeu d'acteur reste agréable à l'oeil et il assure dans son rôle de grand copain avec son neveu Marty (on ressent qu'entre eux deux il s'agit d'une véritable amitié).

Qu'à cela ne tienne, c'est vrai que "Silver Bullet" n'a pas été gâté niveaux effet spéciaux.
Ceci dit, même si certains sont foireux, ils restent à la hauteur du film, marrants et légers.





J'avoue que le loup-garou lui-même reste dans ce film un lycanthrope des plus basiques au niveau physique. Mais on à déjà vu pire : "Hurlements 2"("Howling 2 ... Your Sister Is a Werewolf"), au hasard.

Il a un comportement assez inattendu, tout le long il se comportera comme il se doit, jusqu'à ce fameux coup de batte de base-ball dans une brume magnifiquement recréée - ce qui laisse une sensation de piège se refermant sur les protagonistes.

"Une aube affaiblie Verse par les champs La mélancolie Des soleils couchants, HIPS !"




On a pourtant échappé au pire avec ce bon p'tit loup : Mr King dans son histoire originale nous décrit qu'après avoir assassiné l'alcoolo du début, le loup devait se mettre à finir les cannettes de celui-ci en marmonnant les louanges d'une pub pour cette bière.




B*rdel de M*rde de sa mère la p*te !!!
On a payé pour un p*tain de loup-garou ici !!!




Mouais .. moi-même je reste assez sceptique, à la limite, un loup-garou parlant ("Big Bad Wolf" par exemple) oui et non, tout dépend comment le tout se goupille mais de là à le faire poivreau, hum ! Hum !

Y'a tout de même des limites.



Parbleu ! Un loup... enfin !



Mais bon des gaffes il y'en a pas mal, malgré les éloges que je fais pour ce film.

Déjà, Marty lui-même, censé être handicapé, se retrouve par moments dans des situations peu probables.

Que ce soit dans un arbre à dénicher le cerf-volant de son copain (et futur dîner pour le loup).

Ou quand arrive la nuit, à s'extirper en douce sans un bruit pour faire son 4 juillet (faudrait qu'il m'explique, moi-même à son âge et avec mes deux jambes je me faisais toujours gauler en faisant le mur).




Et pour finir, pour ceux qui ont le bouquin, on peut voir une photo tirée du film, au moment où ses parent partent pour un voyage gagné par l'oncle Al.

Sur la photo posent l'oncle Al, Jane et Marty qui lui rigole avec sa jambe droite légèrement levée (UN MIRACLE ! UN MIRACLE ! ).

"Lourdes à Tarker's Mill" ça aurait pu faire un bon titre.


L'histoire en pâtit aussi : quand notre petit handicapé découvre l'identité du lycanthrope, et lui envoie des lettres d'encouragement brèves et précises du genre «Fllinguez-vous», on peut se demander comment Mr Garou sait que notre petit handicapé en est l'auteur.

Dans le livre Marty signe de son nom la dernière lettre, ce qui rend la traque entre lui et le coupable beaucoup plus crédible.

Car si il y a bien une chose dont je ne démordrais pas, c'est qu'un loup-garou, une fois redevenu humain, ne peut se souvenir de son escapade nocturne.

un superbe loulou réchappé de "la planète des singes"






Bref, pour ce film tout le monde voit midi à sa porte, et comme le dit Stephen King ce film est soit une réussite totale ou soit un four complet.

Moi, comme pour "Stand by me" j'y ai trouvé des personnages fortement liés et une histoire agrémentée de sentiments purs, sans pour autant tomber dans le mielleux.

Et de temps à autre, ça fait du bien de voir des personnages de cette trempe, ce qui amène "Silver Bullet" à un niveau un tout petit peu plus haut qu'un simple film de lycanthropes .







..............................................................................................................................................................................................................................................................................TRAILER



Fiche technique
Titre  • "Peur bleue" aka "Silver bullet" - (1985)
Réalisation  • Daniel Attias
Casting  • Gary Busey (L'oncle Red)
 • Everett McGill (le Révérend Lowe)
 • Corey Haim (Marty Coslaw)
 • Megan Follows (Jane Coslaw)






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