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Les 1001 vies de Billy Milligan ---de Daniel Keyes
Publié le 11/03/2009 par Thomas Morat
Génie de la mauvaise foi ou psychotique irresponsable, William Stanley Milligan demeurera comme une énigme irrésistible, à présent immortalisée par Daniel Keyes.




"Les 1001 vies
de Billy Milligan"


de Daniel Keyes

traduit de l’anglais par Jean-Pierre Carasso





Daniel Keyes subsistait dans les mémoires comme l’auteur d’un unique roman : «Des fleurs pour Algernon».

D’abord, sa carrière ne se réduit pas au classique de la science fiction susnommé, étudié dans de nombreux établissements scolaires et traduit dans plus de trente pays mais inclut un certain nombre de nouvelles, de romans et d’essais qui n’auraient trouvé écho, en France, que dans quelques revues ou anthologies spécialisées (SF)*.

En bref, Daniel Keyes est un auteur peu traduit. Il a aussi consacré une grande partie de sa vie à l’enseignement dans une université de l’Ohio où il a enseigné l’anglais, la littérature américaine et l’écriture.

Il nous revient avec un essai romancé qui ne pouvait laisser indifférents les éditeurs français : «Les 1001 vie de Billy Milligan» où il traite avec simplicité et circonspection d’une affaire criminelle dérangeante, unique en son genre et qui fit couler son lot d’encre dans les journaux américains à la fin des années 70.

Tout commence par l’arrestation de l’auteur présumé de viols sur un campus de l’Ohio. Un suspect reconnu presque à l’unanimité nie en bloc les accusations portées à son encontre.




Le système judiciaire, méfiant, demande une expertise psychologique. Quelques membres très qualifiés du personnel médical responsable vont mettre en lumière un désordre mental lié à la cœxistence de personnalités multiples dans le cerveau du patient.




L’ensemble est très complexe et peu manichéen pour tout dire.



Tout ne se résume pas à deux ensembles antagonistes : le bienveillant et la part de ténèbre.
Il s’agit plutôt d’une communauté de près de vingt personnalités indépendantes - comportant entre autres un petit garçon, un peintre de talent, un spécialiste de l’armement et un roi de l’évasion – se disputant les feux d’un mystérieux mais non moins symbolique « projecteur » qu’est la conscience éveillée du prévenu.

Un psychiatre spécialisé dans le domaine des personnalités fractionnées va faire appel à un auteur connu pour son goût et sa curiosité de l’humain afin d’établir une chronologie dans la complexe histoire du jeune Milligan, puis l’aider à retrouver ce que Daniel Keyes appelle la mémoire absolue.




D. Keyes

Au-delà de son aspect médical et psychologique, le récit pose le problème juridique de la responsabilité.
Il est le premier inculpé à avoir été libéré pour le motif d’une de ses affections rares de l’esprit qu’est le syndrome de la personnalité multiple.



Malgré un usage extrêmement modéré de la licence poétique et la neutralité dont fait montre l’auteur, il est impossible de ne pas lire cet essai comme un roman ou un thriller.

Premièrement, parce que l’ordre dans lequel s’emboîtent les différentes pièces du puzzle laisse entrevoir un parti pris et une affection sincère de l’auteur pour Billy mais surtout, la réalité peut difficilement dépasser d’avantage la fiction que dans un tel livre.




Génie de la mauvaise foi ou psychotique irresponsable, William Stanley Milligan demeurera comme une énigme irrésistible, à présent immortalisée par Daniel Keyes.





Fiche technique
Titre "Les 1001 vies de Billy Milligan" (Titre original : "The Minds of Billy Milligan")
Auteur Daniel Keyes
Editeur Calmann-Lévy
Collection Interstices
ISBN 9782702138014
Date de parution Septembre 2007
Nombre de pages 463



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